Évolution du contexte social et politique

En Suisse romande, le contexte sociopolitique est marqué par une intensification des politiques de rationalisation budgétaire et par le renforcement des formes de gouvernance managériale au sein des services publics. Malgré des réalités cantonales différenciées, une dynamique commune se dessine : les autorités cherchent à contenir la progression des dépenses publiques tout en accroissant les exigences adressées aux institutions scolaires et aux membres du personnel.

Cette évolution s’inscrit dans une logique néolibérale de gouvernance publique où l’école tend progressivement à être pensée à travers des impératifs d’efficience, de pilotage et de maîtrise des coûts, plutôt que comme un investissement démocratique, social et émancipateur.

Cette orientation se traduit par plusieurs réformes contestées dans les différents cantons romands. À Fribourg, les débats autour de la loi sur l’assainissement des finances de l’État (LAFE) ont cristallisé de fortes tensions entre les autorités et les milieux de l’enseignement. Les organisations syndicales y ont dénoncé une réforme visant à flexibiliser davantage les conditions de travail des enseignants, à renforcer les mécanismes de gouvernance verticale et à réduire les marges de décision pédagogique des équipes.

À Genève, les politiques d’économie menées malgré des excédents financiers importants alimentent une conflictualité sociale croissante. Les organisations syndicales, notamment la Société Pédagogique Genevoise (SPG) et le cartel intersyndical du personnel de l’État, dénoncent la construction d’un discours de rareté budgétaire destiné à légitimer des politiques de restriction des dépenses publiques. Dans le champ éducatif, cette orientation se traduit par une gestion toujours plus comptable du système scolaire, illustrée notamment par l’augmentation des effectifs dans les classes d’accueil.

Cette dynamique s’est encore accentuée avec la publication du rapport ECOGE, dit « rapport Zuin », mandaté par le Conseil d’État afin d’identifier d’importantes mesures d’économies pour la période 2027-2029. Le rapport défend explicitement un alignement des prestations publiques genevoises sur les standards moyens des autres cantons et propose plusieurs mesures touchant directement le personnel et les conditions de travail : l’augmentation du temps de travail, la suppression de certaines décharges, la hausse des effectifs de classe, le renforcement du pilotage centralisé et la flexibilisation des rapports de travail. Le Conseil d’État devait annoncer en juin 2026 les mesures qu’il entend reprendre. Les prochains mois laissent présager une intensification des tensions sociales et des mobilisations syndicales.

Dans le canton de Vaud, les frictions portent principalement sur l’école inclusive, la surcharge administrative et la pénurie de personnel spécialisé. Les organisations professionnelles soulignent l’écart croissant entre les ambitions politiques affichées et les moyens réellement alloués aux établissements.

Dans le Valais, la question de l’attractivité du métier devient centrale, particulièrement dans les régions périphériques et de montagne où les difficultés de recrutement s’accentuent. Les enseignantes et les enseignants dénoncent également l’augmentation continue des tâches administratives et des responsabilités éducatives.

À Neuchâtel, les problématiques liées à la pénurie d’enseignant·es et à la santé au travail occupent une place croissante dans les revendications syndicales. Les mesures d’urgence mises en place pour assurer les remplacements révèlent les fragilités structurelles du système éducatif.

Dans le Jura, les petites structures scolaires sont confrontées à des difficultés croissantes de recrutement et de maintien des prestations spécialisées. Les syndicats alertent sur le risque d’un affaiblissement progressif du service public dans les régions périphériques.

Dans le canton de Berne francophone (Jura bernois et Bienne), les questions linguistiques et territoriales viennent accentuer des tensions structurelles liées aux moyens alloués à l’école publique et aux effectifs. Les personnels dénoncent aussi la difficulté de garantir des conditions d’enseignement équitables dans des contextes institutionnels fragmentés.

À l’échelle nationale, plusieurs cantons alémaniques connaissent des défis similaires. À Zurich, Berne ou Saint-Gall, le manque d’enseignant·es atteignent des niveaux préoccupants, conduisant les autorités à embaucher du personnel insuffisamment formé ou à augmenter les effectifs par classe. Ces évolutions montrent que les conflits observés en Suisse romande ne relèvent pas d’enjeux locaux ponctuels, mais s’inscrivent dans une crise structurelle plus large de l’école publique et de l’attractivité du métier enseignant.

État de situation du dialogue social

Le dialogue social demeure fortement contrasté selon les cantons romands. Les organisations syndicales constatent toutefois, de manière générale, une réduction progressive de leur capacité d’influence effective sur les orientations politiques et les réformes éducatives. Si les dispositifs de consultation continuent d’exister formellement, ceux-ci débouchent de plus en plus rarement sur des modifications substantielles des projets portés par les autorités.

Les espaces de concertation tendent ainsi à se transformer en mécanismes de validation institutionnelle davantage qu’en véritables lieux de coconstruction des politiques éducatives. Cette évolution alimente un sentiment croissant d’exclusion des professionnel·les de terrain dans les processus décisionnels.

À Fribourg, la séquence politique autour de la LAFE a constitué une illustration particulièrement significative de cette dégradation du dialogue social. Malgré les alertes répétées des organisations enseignantes quant aux conséquences de la réforme sur les conditions de travail, le fonctionnement des établissements et la reconnaissance de l’expertise enseignante, le processus décisionnel est demeuré largement marqué dans une logique descendante.

À Genève et dans le canton de Vaud, les syndicats dénoncent notamment une multiplication des prescriptions administratives, des procédures de contrôle et des dispositifs de pilotage, qui contribuent à alourdir le quotidien professionnel sans amélioration tangible des conditions d’enseignement ni des apprentissages.

Plusieurs organisations syndicales romandes soulignent ainsi un déplacement progressif du pouvoir décisionnel vers des logiques technocratiques et administratives éloignées des réalités du terrain scolaire. Cette évolution contribue à éloigner progressivement le personnel des espaces de décision concernant l’organisation du travail scolaire et le fonctionnement des établissements.

Le Valais constitue toutefois une exception partielle dans le paysage romand. Le dialogue social y demeure relativement structuré et plusieurs avancées récentes obtenues par les associations professionnelles montrent que des améliorations restent possibles lorsque les autorités s’inscrivent dans une véritable logique de négociation et de reconnaissance des partenaires sociaux.

Réformes éducatives en cours

Les réformes éducatives menées en Suisse romande s’inscrivent dans un processus plus large de transformation et de déprofessionnalisation du métier d’enseignant. Inspirées des principes de la nouvelle gestion publique, elles renforcent les dispositifs de gouvernance verticale, de contrôle des pratiques pédagogiques et d’évaluation des performances, tout en réduisant progressivement les espaces de délibération collective et de participation des équipes aux décisions pédagogiques.

À Genève, cette évolution se manifeste spécialement par le renforcement continu des strates hiérarchiques intermédiaires depuis l’introduction des directions d’établissement en 2010. L’augmentation récente des décharges accordées aux maîtresses adjointes et aux maîtres adjoints· (MA) —, ainsi qu’aux responsables pédagogiques (RP) dans l’enseignement spécialisé consolide encore cette gouvernance verticale du système scolaire. Les espaces de décision collective des équipes pédagogiques tendent à se réduire au profit de structures de pilotage, telles que le comité de direction (CODIR), composés particulièrement des directions d’établissement, des MA ou des RP et des coordinatrices et coordinateurs pédagogiques (CP).

Dans ce contexte, les enseignantes et les enseignants se voient de plus en plus assigner à une fonction d’exécution de prescriptions institutionnelles élaborées à distance du terrain scolaire. La formation continue est progressivement réduite à des dispositifs minimaux, souvent numérisés et standardisés, sans temps institutionnel suffisant permette aux équipes de construire des pratiques communes, de développer des espaces de réflexion collective ou de créer une véritable culture professionnelle partagée.

À Fribourg, les débats autour de la LAFE ont pareillement mis en évidence une volonté politique d’accentuer la flexibilisation du métier de l’éducation et de renforcer les mécanismes de gestion institutionnelle. Les organisations syndicales ont particulièrement alerté sur le risque d’une déprofessionnalisation progressive du métier et d’un affaiblissement du pouvoir d’agir des enseignant·es.

Dans le canton de Vaud, les changements liés à l’école inclusive et au suivi personnalisé des élèves se déploient dans un contexte marqué par un manque chronique de personnel spécialisé. Les membres du personnel enseignant dénoncent une accumulation d’injonctions contradictoires : individualiser davantage les parcours scolaires tout en travaillant dans des classes surchargées, avec des ressources insatisfaisantes et des collectifs professionnels fragilisés.

À Neuchâtel et dans le Jura, les transformations numériques et administratives renforcent les tendances vers la normalisation, le contrôle et la traçabilité du travail enseignant, tout en négligeant les aspects de consultation, de perfectionnement professionnel et d’intégration collective.

Plus largement, le projet scolaire engagée avec l’Accord intercantonal sur l’harmonisation de la scolarité obligatoire (HarmoS) a contribué à renforcer les mécanismes de pilotage par objectifs, d’évaluation et de standardisation des systèmes éducatifs cantonaux. La question de l’apprentissage des langues nationales demeure par ailleurs un objet de débat important. Certains cantons alémaniques souhaitent repousser l’enseignement du français au cycle secondaire, révélant des divergences significatives quant aux conceptions de la cohésion nationale, du plurilinguisme et des finalités de l’école publique. La Suisse romande demeure, pour sa part, fortement attachée à l’apprentissage précoce des langues nationales, considéré comme un enjeu central de cohésion sociale, de compréhension interculturelle et de mobilité professionnelle.

Principaux enjeux en éducation

L’un des principaux enjeux auxquels est aujourd’hui confrontée la Suisse romande réside dans la mise en œuvre de politiques d’école inclusive sans allocation suffisante de ressources humaines, pédagogiques et institutionnelles. Cette problématique traverse l’ensemble des cantons et révèle les tensions croissantes entre les ambitions affichées par les politiques éducatives et les moyens effectivement mis à disposition des établissements scolaires.

À Genève, dans le canton de Vaud et à Neuchâtel, les organisations syndicales dénoncent depuis plusieurs années l’augmentation continue du nombre d’élèves à besoins particuliers intégrées dans les classes ordinaires, sans création proportionnelle de postes spécialisés ni diminution des effectifs par classe. En Valais et dans le Jura, les obstacles à l’obtention des ressources spécialisées sont exacerbés par les réalités géographiques, territoriales et les disparités d’accès aux prestations éducatives.

Dans ce contexte, les enseignantes et les enseignants sont confrontés à une complexification croissante de leurs missions professionnelles. Elles et ils doivent simultanément satisfaire à des conditions accrues d’inclusion scolaire, d’individualisation des parcours, de gestion de l’hétérogénéité des publics, de collaboration interprofessionnelle et de suivi administratif. Cela ne s’accompagne toutefois pas d’une augmentation proportionnelle du temps à disposition, des moyens humains ou des possibilités de formation continue.

La pénurie de personnel enseignant constitue un autre enjeu majeur à l’échelle nationale. Plusieurs cantons romands comme alémaniques rencontrent des difficultés croissantes de recrutement et de fidélisation du personnel, en particulier dans l’enseignement spécialisé, dans certaines disciplines scientifiques ainsi que dans les régions périphériques et rurales.

Cette situation conduit les autorités à recourir de manière croissante à du personnel non qualifié, insuffisamment formé ou encore en formation, tout en augmentant la charge de travail assumée par les équipes déjà en poste. Les collectifs professionnels se trouvent ainsi durablement fragilisés par la multiplication des tâches périphériques et l’instabilité des équipes pédagogiques.

Dans l’ensemble du pays, les enjeux liés à la santé au travail, aux risques psychosociaux et à la perte de sens du métier occupent désormais une place centrale dans les revendications des membres du personnel. L’accumulation d’injonctions souvent contradictoires, conjuguée à une réduction progressive des marges de décision pédagogique, contribue fortement à la crise d’attractivité que connaît actuellement le métier enseignant en Suisse.

Le financement de l’éducation publique

Dans plusieurs cantons, les autorités mobilisent des projections budgétaires alarmistes ou des scénarios de déficits futurs afin de justifier des politiques d’austérité affectant directement le personnel, les conditions d’enseignement et le fonctionnement des établissements scolaires.

Ces orientations budgétaires ont des conséquences concrètes sur le terrain éducatif. Elles entraînent notamment une augmentation du nombre d’élèves par classe, une stagnation, voire diminution réelle, des rémunérations en raison de l’érosion du pouvoir d’achat, une réduction des ressources spécialisées et une fragilisation progressive des services publics d’éducation.

Dans plusieurs cantons romands, les organisations syndicales dénoncent des politiques budgétaires qui imposent à la fois une charge de travail accru, une diminution des ressources allouées aux établissements et une pénurie persistante de personnel spécialisé nécessaire pour soutenir les élèves les plus vulnérables.

À Genève, les organisations syndicales critiquent de manière récurrente le recours à des arguments budgétaires visant à justifier des politiques d’économie malgré des excédents financiers importants. La récente publication du rapport ECOGE, dit « rapport Zuin », s’inscrit pleinement dans cette dynamique en proposant un ensemble de mesures d’efficience et de réduction des coûts touchant directement les prestations publiques et les conditions de travail du personnel.

Dans le canton de Vaud, les débats budgétaires relatifs à l’école inclusive illustrent également les contradictions croissantes entre les objectifs politiques affichés en matière d’inclusion scolaire et les investissements effectivement consentis pour assurer leur mise en œuvre.

À Neuchâtel et dans le Jura, les contraintes financières pèsent particulièrement sur les petites structures scolaires, les dispositifs spécialisés et les établissements situés dans les régions périphériques, accentuant les inégalités territoriales d’accès aux prestations éducatives.

Plus largement, ces évolutions traduisent une transformation profonde des représentations politiques de l’école publique. Celle-ci tend progressivement à être appréhendée non plus comme un investissement collectif fondamental pour la cohésion sociale, démocratique et territoriale, mais comme un coût qu’il conviendrait de rationaliser et de contenir.

Évolution de l’enseignement privé

L’enseignement privé demeure quantitativement minoritaire en Suisse romande. Certaines évolutions récentes témoignent néanmoins d’un renforcement progressif des logiques de concurrence scolaire, de différenciation des parcours éducatifs et de segmentation des publics.

Dans les métropoles — en particulier à Genève, à Lausanne et dans plusieurs régions de l’arc lémanique —, le développement des établissements privés et internationaux participe à une polarisation accrue des trajectoires scolaires et à une mise en concurrence croissante des offres éducatives. Ces dynamiques s’inscrivent dans un contexte de valorisation des logiques de choix individuel et de marchandisation partielle de l’éducation.

Dans plusieurs cantons plus ruraux, certaines structures privées semblent davantage s’appuyer sur des stratégies de différenciation commerciale et de contournement des difficultés rencontrées par l’école publique que sur une réelle plus-value pédagogique reconnue.

À l’échelle nationale, cette évolution accompagne une diversification croissante de l’offre éducative ainsi qu’une remise en question progressive du modèle d’une école publique commune accueillant l’ensemble des élèves indépendamment de leur origine sociale, culturelle ou territoriale.

Face à ces transformations, les organisations syndicales romandes réaffirment leur attachement à une école publique démocratique, inclusive et émancipatrice, accessible à toutes et tous. Elles considèrent que le renforcement des logiques concurrentielles et marchandes constitue un facteur d’accentuation des inégalités scolaires, sociales et territoriales.

Initiatives et actions syndicales inspirantes

Les mobilisations syndicales enseignantes observées en Suisse romande au cours des dernières années traduisent une transformation des formes de conflictualité dans le champ éducatif. Pour contrer la dégradation des conditions d’exercice du métier, l’alourdissement des charges administratives et la réduction des marges de manœuvre accordées au personnel, les syndicats cherchent à développer des modes d’action susceptibles d’interroger directement l’organisation du travail scolaire et les formes actuelles de gouvernance des systèmes éducatifs.

À Fribourg, la mobilisation contre la LAFE a constitué un moment particulièrement important de convergence syndicale et professionnelle. Au-delà de l’opposition à une réforme spécifique, cette mobilisation a cristallisé les inquiétudes liées à la flexibilisation du travail enseignant, à la montée des dispositifs de contrôle institutionnel et à l’affaiblissement progressif de l’expertise professionnelle des enseignantes et des enseignants.

À Genève, les mobilisations récentes ont progressivement déplacé leur centre de gravité. Les organisations syndicales ne se limitent plus aux formes traditionnelles d’action, telles que les manifestations ou les journées de grève classiques, mais expérimentent de nouvelles modalités de mobilisation centrées sur l’organisation concrète du travail enseignant.

Dans cette situation, divers mouvements se sont concentrés sur le temps de travail en dehors de la présence des élèves. Ces actions ont notamment consisté à suspendre certaines activités périphériques ou institutionnelles, en particulier les temps de coordination avec les directions et différents dispositifs administratifs. Cette forme de mobilisation a permis de mettre en évidence le rôle central du travail invisible assuré par les enseignant·es dans le fonctionnement quotidien des établissements scolaires.

Elle a également révélé à quel point des exigences administratives, des mécanismes de coordination et des dispositifs de pilotage imposés par l’établissement ont progressivement capté une part importante du temps professionnel des enseignantes et enseignants. En ciblant directement cette dimension du travail, les membres du personnel ont cherché à réaffirmer leur capacité d’agir sur l’organisation de leur activité professionnelle et sur la définition même du métier enseignant.

Cette modification des méthodes militantes s’inscrit également dans un climat de réduction progressive du droit de grève dans la fonction publique suisse. En Suisse, le recours à la grève demeure juridiquement limité à la défense des conditions de travail et ne peut officiellement être exercé pour des motifs politiques ou idéologiques. Dans plusieurs cantons, les organisations syndicales dénoncent par ailleurs un durcissement des procédures encadrant le recours au droit de grève, susceptible de constituer une entrave croissante à l’exercice effectif de ce droit fondamental.

Dans le canton de Vaud, les mobilisations syndicales continuent de porter principalement sur la reconnaissance du travail enseignant, le manque de moyens alloués à l’école inclusive et la dégradation des conditions d’enseignement.

Dans le Valais, à Neuchâtel et dans le Jura, plusieurs organisations professionnelles alertent également sur la pénurie persistante de personnel, l’épuisement croissant des équipes pédagogiques et les difficultés de recrutement dans certains secteurs ou régions.

À l’échelle nationale, les organisations faîtières enseignantes suisses expriment désormais ouvertement leurs inquiétudes face à une crise durable d’attractivité du métier enseignant. Les mobilisations actuelles traduisent ainsi une volonté croissante de reconstruire des formes de solidarité collective capables de résister aux transformations contemporaines du service public d’éducation.

Perspectives

Les prochaines années devraient être marquées par une intensification des tensions autour du financement de l’école publique, de l’attractivité du métier enseignant et des conditions d’exercice de l’enseignement dans l’ensemble des cantons romands.

Le personnel de l’éducation continue d’exprimer son insatisfaction professionnelle en raison de plusieurs facteurs persistants : la pénurie de main-d’œuvre, les défis croissants dans la mise en œuvre de l’école inclusive sans ressources adéquates, ainsi que la poursuite des réformes inspirées des logiques de gestion managériale.

Dans plusieurs cantons, les organisations syndicales anticipent également un durcissement des politiques budgétaires et une remise en question progressive de certains acquis statutaires. Cela s’inscrit dans un contexte marqué par le renforcement des dispositifs de pilotage, d’évaluation et de contrôle du travail enseignant.

Les tensions concernant le temps de travail, la reconnaissance du travail invisible, les ressources allouées aux établissements et la capacité du personnel à participer aux décisions pédagogiques devraient occuper une place centrale dans les prochaines mobilisations.

Face à ces évolutions, les organisations syndicales romandes cherchent à renforcer les coordinations intercantonales et les convergences entre associations professionnelles, syndicats et collectifs de terrain. L’objectif est de construire des formes de résistance conjointe capables de défendre une conception démocratique, inclusive et émancipatrice de l’école publique, fondée sur la confiance accordée aux membres du personnel, la réduction des inégalités scolaires et la reconnaissance de l’éducation comme un investissement social fondamental plutôt qu’ une variable d’ajustement budgétaire.