Zoom sur la Roumanie
Climat social et politique
Au cours de la dernière année, la Roumanie a traversé une période marquée par une instabilité politique et des tensions sociales accrues, notamment dans le secteur public. Des contraintes budgétaires persistantes ont considérablement nui au système éducatif, dans un contexte où les engagements légaux en matière de financement de l’éducation (6 % du PIB) ne sont pas respectés. Cela a généré une perte de confiance du personnel éducatif envers les autorités publiques.
État de situation du dialogue social
Le dialogue social s’est dégradé de manière significative. Malgré certaines consultations formelles, les décisions majeures ont été prises de façon unilatérale, sans réelle concertation avec les organisations syndicales. Les syndicats ont dû recourir à des actions de protestation pour faire entendre leurs revendications.
Les réformes éducatives en cours
Au cours de la dernière année, plusieurs mesures ont été adoptées, dont certaines ont eu un impact majeur sur le système éducatif.
En particulier, au cours de la deuxième décade du mois d’août 2025, en pleine période de vacances, le gouvernement, avec l’approbation du Parlement, a adopté le règlement intitulé la Loi n° 141/2025. Cette loi a constitué un véritable séisme pour le système éducatif roumain.
En invoquant le déficit budgétaire et les efforts liés au soutien à l’Ukraine, cette Loi a introduit des mesures drastiques.
Augmentation de la norme d’enseignement
De 16 à 20 heures par semaine pour le personnel enseignant ayant au moins 25 ans d’ancienneté et de 18 à 20 heures par semaine pour les autres membres du personnel. La suppression d’environ 15 000 postes d’enseignement, entraîne une pression accrue sur le personnel existant. La fusion d’établissements scolaires, dans un objectif d’optimisation budgétaire. L’augmentation des effectifs d’élèves par classe, atteigne le maximum « légal » de 34 élèves, ce qui a conduit à une surcharge des classes. Ces effectifs sont supérieurs aux normes sanitaires établies par le ministère de la Santé, car ils prévoient en principe un plafond de 28 élèves par classe, afin de garantir des conditions adéquates d’apprentissage et de santé. Ces mesures ont généré un profond mécontentement dans l’ensemble du système éducatif.
Les principaux enjeux en éducation
Le sous-financement chronique du système éducatif : le budget inférieur aux engagements légaux, influence les salaires et les conditions de travail.
La pénurie de personnel et la surcharge de travail : l’augmentation des heures d’enseignement et la difficulté à recruter du personnel qualifié.
La dévalorisation de la profession enseignante : les salaires insuffisants et la perte d’attractivité du métier.
Les syndicats de l’éducation ont perdu tous les gains qu’ils avaient obtenus lors de la grève d’un mois en mai et juin 2023. Les rassemblements ont eu lieu chaque jour devant le ministère de l’Éducation et de la Recherche pendant un mois, du 20 août au 20 septembre 2025.Cependant, aucun résultat positif n’a été obtenu.
Les autorités ont invoqué le déficit budgétaire et l’énorme dette extérieure.
Le financement de l’éducation
Le financement reste insuffisant et en dessous des standards européens. Pour 2026, le budget de l’éducation représente environ 3 % du PIB, bien loin de l’objectif légal de 6 %. Cette situation limite les investissements dans les infrastructures, les ressources pédagogiques et la rémunération du personnel.
Évolution de l’enseignement privé
L’enseignement privé connait une expansion progressive, notamment dans les grandes villes. Cette évolution reflète un manque de confiance dans le système public et accentue les inégalités d’accès à une éducation de qualité.
La loi confirme que le secteur privé accrédité bénéficie d’un financement public fondé sur le coût standard par élève, similaire à celui de l’enseignement public.
Partenariats public-privé : L’État soutient des programmes d’études, en particulier dans l’enseignement post-lycéen, dans le cadre de partenariats public-privé.
Autre enjeu prioritaire
La multiplication des litiges en matière de droits salariaux et l’intervention fréquente des juridictions pour faire respecter la loi montrent un dysfonctionnement systémique dans l’application des normes légales.
Initiatives syndicales inspirantes
Les syndicats, notamment la Fédération des syndicats libres de l’enseignement (FSLI) et ses structures affiliées, ont mené des actions de mobilisation à grande échelle, y compris des manifestations nationales et des actions en justice. Ils ont également développé une expertise juridique solide pour défendre les droits des membres et ont renforcé la communication publique pour sensibiliser l’opinion.
Les deux Fédérations syndicales représentatives de l’enseignement préuniversitaire, la FSLI et « Spiru Haret », ont organisé des protestations devant le siège du ministère de l’Éducation et de la Recherche, notamment le grand rassemblement du 8 septembre 2025 à Bucarest, le premier jour de la rentrée scolaire, qui a réuni environ 25 000 participants, suivi d’une véritable cascade de manifestations sur la Place de la Victoire, où se trouve le siège du gouvernement roumain, ainsi que vis-à-vis du siège de la Présidence de la Roumanie, etc.
Événements syndicaux à venir
Au cours de la prochaine année, les syndicats prévoient de nouvelles mobilisations et négociations avec le gouvernement, visant à améliorer le financement de l’éducation, les conditions de travail et la reconnaissance du personnel éducatif. Si les revendications ne sont pas satisfaites, le gouvernement envisage de prendre des mesures concertées au niveau national.
Zoom sur la République de Moldavie
Climat social et politique
Le système d’enseignement préuniversitaire en République de Moldavie a connu une transformation profonde durant la période 2025–2026, caractérisée par un processus intensif de réformes, de numérisation et de la restructuration du réseau scolaire, piloté par le ministère de l’Éducation et de la Recherche (MEC), dans un contexte de défis démographiques majeurs.
Les syndicats, principalement représentés par la Fédération syndicale de l’Éducation et de la Science (FSEȘ), jouent un rôle actif dans la négociation des conditions de travail et des augmentations salariales.
Crise démographique et réseau scolaire:
On observe une diminution continue du nombre d’élèves, en particulier dans les zones rurales. Les études prévoient une baisse potentielle atteignant 30 % d’ici 2040, ce qui met en péril la viabilité des petites écoles.
Réforme des « écoles de circonscription »
Le MEC poursuit la mise en place du modèle des écoles-pilotes, avec des investissements dans les infrastructures afin d’offrir de meilleures conditions d’apprentissage. Les élèves des petites localités sont dirigés vers des établissements scolaires plus grands au niveau régional.
Numérisation et curriculum
Un accent important est mis sur la numérisation du processus éducatif (Baromètre scolaire, plateformes numériques) ainsi que sur la révision du curriculum, désormais davantage orienté vers le développement des compétences. Campagne « Étudie en Moldavie » (2026).
Zoom sur la Bulgarie
Climat social et politique
Entre 2025 et 2026, le système public d’éducation en Bulgarie a évolué dans un contexte de relative stabilité institutionnelle, marqué par des tensions sociales croissantes liées à la masse salariale, à l’inflation et aux inégalités professionnelles. L’éducation est restée une priorité politique affichée, notamment à travers le maintien d’un mécanisme de corrélation entre les salaires des enseignantes et des enseignants et le salaire moyen national. Toutefois, les réalités économiques et budgétaires ont constamment mis à l’épreuve cette politique.
Des salaires en croissance continue
La stratégie favorisée par les syndicats pour la négociation des salaires du personnel de l’éducation porte sur une dynamique de croissance continue. C’est ainsi que les enseignantes et les enseignants ont obtenu le 1er janvier 2024 une augmentation salariale moyenne de 8,4 %, une autre d’environ 15 % le premier mars 2025. L’objectif consiste à atteindre une rémunération équivalant à 125 % du salaire moyen brut national.
Ces augmentations obtenues résultent directement du dialogue social et des accords collectifs négociés par les partenaires sociaux.
Les principaux acteurs syndicaux
Les organisations syndicales les plus influentes sont la Bulgarian Union of teachers (Syndicat des enseignantes et enseignants de Bulgarie et le syndicat de l’éducation affilié à la Confédération du travail Podkrepa).
Ces syndicats ont mené une stratégie hybride, qui combinait la négociation institutionnelle, la mobilisation sectorielle et la pression publique. Ils ont constaté des résultats tangibles et substantiels.
Le tournant majeur : l’adoption de l’euro
L’adoption de l’euro par la Bulgarie le 1er janvier 2026 a eu un impact majeur sur la négociation des rémunérations qui a bénéficié aux syndicats. En effet, l’introduction de l’euro a profondément modifié le discours syndical : nous sommes passés par des propos axés sur les salaires nominaux à ceux orientés sur la valeur concrète des revenus comparativement à la réalité européenne.
Zoom sur la Serbie
Un système éducatif sous tension dans un climat de pressions sociales
Entre 2025 et 2026, le système public d’éducation en Serbie évolue dans un climat de fortes tensions sociales et politiques. Cette période est marquée par une contestation croissante du pouvoir exercé par le président Aleksandar Vučić, accusé par l’opposition et de nombreuses organisations de dérives autoritaires, de corruption et d’atteintes à la liberté de la presse. Dans ce contexte, l’éducation devient un espace central de mobilisation citoyenne, où enseignants, étudiants et syndicats se rallient progressivement à un mouvement de protestation plus large du système politique.
Contraintes budgétaires et revendications sociales
Le système éducatif serbe fait face à plusieurs défis structurels :
– les salaires relativement faibles par rapport à la moyenne européenne, les conditions de travail difficiles, l’exode des enseignants qualifiés et le sous-financement chronique.
Les syndicats concernés
Les principaux syndicats représentatifs de l’enseignement préuniversitaire (écoles primaires, secondaires et internats) qui négocient avec le ministère de l’Éducation demeurent :
– le Syndicat de l’Éducation de Serbie (Sindikat obrazovanja Srbije)
– le Syndicat sectoriel des travailleurs de l’éducation de Serbie « Nezavisnost » (Granski sindikat prosvetnih radnika Srbije « Nezavisnost »)
– l’Union des syndicats des travailleurs de l’éducation de Serbie (Unija sindikata prosvetnih radnika Srbije);
– le Syndicat des travailleurs de l’éducation de Serbie (Sindikat radnika u prosveti Srbije).
Ces quatre syndicats ont pris une part active dans des négociations avec le gouvernement serbe au début de l’année 2025, réclamant l’amélioration des conditions de travail et des salaires. Leurs démarches ont également bénéficié du soutien d’enseignants non affiliés, ce qui a renforcé l’ampleur du mouvement et conduit à plusieurs gestes de protestation.
Les revendications ont notamment porté sur l’indexation des salaires sur l’inflation et sur l’alignement des rémunérations du secteur éducatif sur la moyenne nationale. Les syndicats ont également dénoncé la surcharge de travail, le manque de personnel et les conditions matérielles dans certains établissements. Toutefois, la capacité de négociation des syndicats reste limitée par un cadre politique centralisé.
À partir de 2025, on passe d’un syndicalisme essentiellement sectoriel vers un syndicalisme plus engagé politiquement et socialement. Un moment clé survient le 1er mai 2025, lorsque plusieurs organisations syndicales rejoignent officiellement les manifestations étudiantes — un fait inédit depuis plus de 20 ans. Cette convergence marque une unification des revendications collectives autour de thèmes communs : droit à la grève, justice sociale, transparence et lutte contre la corruption.
Un moment emblématique de cette période est la protestation étudiante majeure du 27 janvier 2026 organisée devant le Rectorat de l’Université de Belgrade. Elle se déroulait sous le thème : « La connaissance est un pouvoir ». Des affrontements entre étudiants et les forces de l’ordre, l’intervention de la police à l’intérieur de l’université, la confiscation de matériel informatique ont marqué l’événement.
Le recteur, Vladan Đokić, a dénoncé publiquement cette intervention : « Vous pouvez perquisitionner les locaux de l’université, mais vous ne pouvez pas perquisitionner la conscience des gens. » Cette déclaration est devenue un symbole de la résistance académique.
Radicalisation du mouvement et accusations contre le pouvoir.
Les protestataires, les étudiants, les syndicats et l’opposition ont accusé le régime de corruption, de violence contre les manifestants et de restriction des libertés publiques. Ces allégations ont été rejetées par le président Aleksandar Vučić.
Entre l’Union européenne et l’influence russe
Mentionnons que la Serbie entretient une position ambivalente sur la scène internationale. Bien qu’elle soit officiellement candidate pour accéder à l’Union européenne, elle conserve toutefois des liens étroits avec le président russe Vladimir Poutine. Cette proximité se traduit par une coopération politique et énergétique, un discours nationaliste et une certaine résistance aux normes démocratiques européennes. Cette posture ambiguë de la Serbie est perçue par plusieurs comme un frein à la démocratisation.
En guise de conclusion
La Serbie se trouve aujourd’hui à un carrefour où elle doit choisir entre deux routes :
L’une conduisant vers une consolidation d’un système politique centralisé et l’autre vers une ouverture progressive vers l’atteinte d’un modèle démocratique européen.
En Serbie, l’éducation n’est plus seulement un service public. Elle est devenue un champ de bataille pour la démocratie. Dans ce combat, le savoir a repris le rôle de la force.
Zoom sur l’Ukraine
Un système éducatif en situation extrême.
La poursuite de la guerre a fortement influencé le système public de formation en Ukraine, tout en le poussant dans un processus intensif de réforme et d’adaptation. En d’autres termes, l’éducation fonctionne selon un modèle hybride, reposant sur la sécurité physique des élèves et du personnel, la numérisation de l’enseignement et l’optimisation des ressources éducatives.
L’état du système éducatif
Les bombardements dus à la guerre ont endommagé ou détruit plus 10 % des infrastructures éducatives. Les attaques contre les écoles ont doublé en 2025 par rapport à 2024. Dans ce contexte extrêmement risqué pour les élèves que le personnel, environ 741 000 élèves suivent un programme d’enseignement hybride, alternant entre la classe et l’apprentissage à distance, tandis que plus de 400 000 autres élèves bénéficient d’un enseignement entièrement en ligne.
Les modes d’enseignement sont déterminés selon la présence ou non d’abris antiaériens et la proximité des zones de combat.
Réorganisation du réseau scolaire en 2026 :
En 2026, le gouvernement a mis fin à la reconstruction d’écoles dans les zones fortement dépeuplées. On a procédé à la fusion d’établissements et concentré les investissements dans les régions plus sûres.
Éducation à la sécurité et à la défense
Des réformes législatives ont renforcé la formation aux situations d’urgence, l’éducation à la résilience et à la défense.
Le rôle du syndicat
Le Syndicat des travailleurs de l’éducation et des sciences d’Ukraine (TUESWU) constitue une véritable force de résistance en Ukraine. Ses actions principales sont nombreuses :
- assistance directe aux enseignants touchés par la guerre;
- défense des droits professionnels;
- opposition aux licenciements massifs (plus de 70 000 postes menacés);
- formation aux situations d’urgence;
- coopération internationale.
Solidarité syndicale internationale et transfrontalière:
Le Syndicat des travailleurs de l’éducation et des sciences d’Ukraine (TUESWU) peut compter sur la solidarité de la fédération des syndicats libres de l’enseignement (FSLI) de la Roumanie. Cette solidarité s’exprime à travers des échanges institutionnels, du soutien moral et professionnel, et la participation à des actions communes dans les structures internationales.
D’autres associations des régions frontalières de la Roumanie et Danubienne apportent également leur soutien à leurs collègues de l’Ukraine en offrant de l’aide humanitaire, du soutien matériel et de l’assistance éducative.
Rappelons qu’une importante communauté roumaine se trouve en Ukraine. On évalue cette population entre 400 000 et 500 000 personnes. Elles ont accès à l’éducation dans leur langue maternelle. Alors que des réformes sont en cours, on a exprimé des inquiétudes concernant l’avenir des écoles accueillant des élèves provenant de minorités. Les autorités ukrainiennes ont assuré qu’aucune école de langue roumaine ne sera fermée en 2027.
Autres défis pour l’éducation
Le personnel des écoles doit également composer avec les coupures d’électricité fréquentes, l’accès limité à Internet, et au fait que 83 % des enfants ressentent par un stress émotionnel provoqué par la guerre.
En conclusion
L’Ukraine fait chaque jour la démonstration que l’éducation dépasse les frontières et protège les valeurs, les cultures et l’avenir, même en temps de guerre.
Zoom sur la Hongrie
L’espoir renaît après une période sombre
De 2024 à 2026, le système public d’éducation en Hongrie a traversé une période marquée par des contradictions majeures. D’un côté, le gouvernement a adopté des mesures importantes de revalorisation salariale sous la pression combinée de l’Union européenne et des organisations syndicales. En outre, le cadre institutionnel s’est caractérisé par une centralisation accrue du pouvoir, une réduction du dialogue social et une limitation des droits professionnels. Ce contexte s’inscrit dans une évolution politique plus large, dominée pendant plus d’une décennie par le gouvernement de Viktor Orbán, souvent critiqué pour ses dérives autoritaires et la fragilisation de l’État de droit.
Les réformes éducatives : entre investissements et contrôle.
Pressée par l’Union européenne, la Hongrie a mis en œuvre une réforme salariale ambitieuse dans le secteur de l’éducation au cours des dernières années. En 2024, les salaires du personnel enseignant ont augmenté en moyenne de 32,2 %. En 2025, une augmentation moyenne de 21,2 % a été adoptée.
L’objectif visait à atteindre 80 % du salaire moyen des diplômés de l’éducation supérieur. Ces financements européens massifs, estimés à environ 1,8 milliard d’euros, ont permis que ces augmentations soient réalisées.
Parallèlement à ces augmentations salariales, un nouveau statut pour les enseignantes et les enseignants modifiant en profondeur leur cadre de travail entrait en vigueur le 1er janvier 2024. Les conséquences représentaient un recul significatif avec le renforcement du contrôle administratif, la flexibilisation du temps de travail, l’accroissement des possibilités de sanctions disciplinaires et la réduction de l’autonomie professionnelle.
De plus, en 2025, une réforme de l’’évaluation de la performance a été instaurée, liant la progression salariale à la performance individuelle. Présenté comme un levier de modernisation, on considère ce dispositif de nombreux acteurs comme un instrument de pression supplémentaire dans un système déjà fortement centralisé.
Aujourd’hui, en dépit des ressources financières consenties, le système éducatif hongrois continue de faire face à des défis majeurs :
-
pénurie d’enseignants, particulièrement dans les disciplines scientifiques et techniques;
-
inégalités territoriales et sociales élevées;
-
difficultés accrues dans les zones rurales et défavorisées;
-
manque de personnel de soutien, souvent exclu des revalorisations salariales.
Ces éléments témoignent d’une crise systémique qui ne peut se résoudre uniquement par des mesures salariales.
Résistance et mobilisation chez les syndicats
Donc, les syndicats de l’éducation en Hongrie, notamment le PSZ et le PDSZ, ont mobilisé leurs membres et sont passés à l’action pour défendre leurs droits professionnels et leurs conditions de travail, dénoncer les réformes jugées autoritaires, revendiquer des augmentations salariales équitables et mener des actions publiques en faveur du personnel non enseignant.
Malgré un environnement institutionnel défavorable, marqué par une réduction de l’espace de dialogue social, les syndicats ont contribué à maintenir une dynamique de résistance démocratique.
Le tournant politique du 12 avril 2026
Les élections législatives du 12 avril 2026 constituent un moment historique. Le parti d’opposition dirigé par Péter Magyar a remporté une victoire décisive, mettant fin à plus de seize années de domination politique de Viktor Orbán.
Cette alternance ouvre la voie à une possible restauration de l’État de droit, à une relance du dialogue avec l’Union européenne, à un déblocage progressif des fonds européens et à une reconstruction des politiques publiques, y compris dans le domaine en éducation.
Si le changement politique suscite un espoir légitime, les défis restent toutefois considérables :
-
la réforme du système éducatif nécessitera du temps et de la cohérence ;
-
la restauration de la confiance entre les acteurs institutionnels et les enseignants s’avèrera indispensable;
-
le renforcement du dialogue social devra devenir une priorité.
Cependant, pour la première fois depuis de nombreuses années, une fenêtre d’opportunité réelle s’ouvre pour reconstruire un système éducatif fondé sur la dignité professionnelle des enseignants, la qualité de l’éducation publique et le respect des valeurs démocratiques européennes.
Le changement politique intervenu en avril 2026 marque peut-être le début d’un nouveau chapitre.
L’espoir renaît en Hongrie, un espoir que l’éducation redevienne un pilier de la démocratie, et non un instrument de contrôle.