Les 22 et 23 octobre, Dakar accueille le lancement officiel des résultats du PASEC 2024, l’évaluation internationale menée par le Programme d’analyse des systèmes éducatifs de la CONFEMEN. Responsables ministériels, experts, partenaires du développement et acteurs de l’éducation de nombreux pays francophones se retrouvent pour prendre connaissance des principaux enseignements de cette nouvelle édition et réfléchir aux suites à leur donner.
Présent à Dakar, le Comité syndical francophone de l’éducation et de la formation (CSFEF) souhaite rappeler que la véritable valeur des résultats du PASEC réside non seulement dans leur capacité à alimenter les politiques éducatives, mais aussi à favoriser un dialogue associant l’ensemble des acteurs du système éducatif, notamment les organisations représentatives des enseignantes et des enseignants.
Le PASEC : mesurer pour mieux agir
Créé par la CONFEMEN en 1991, le PASEC accompagne les pays francophones dans l’évaluation de la qualité de leurs systèmes éducatifs. Il mesure notamment les acquis des élèves en lecture et en mathématiques tout en recueillant de nombreuses données sur leur environnement scolaire, les conditions d’enseignement et les facteurs qui influencent les apprentissages.
Au fil des années, le programme s’est imposé comme l’un des principaux outils de comparaison et d’analyse des systèmes éducatifs d’Afrique francophone. Les résultats permettent d’identifier les progrès réalisés, les inégalités persistantes et les défis à relever pour garantir à chaque enfant une éducation de qualité.
Cette édition 2024 est la seconde à mesurer également les compétences des enseignantes et des enseignants dans les principales matières enseignées, mathématiques et compréhension de l’écrit. Et pour la première fois, des questionnaires ont été adressés aux parents d’élèves. L’analyse croisée de l’ensemble de ces données devrait permettre d’affiner encore le diagnostic des systèmes éducatifs, et donc d’y apporter les inflexions appropriées.
Une attente forte : être associés à l’analyse des résultats
À l’approche du lancement de Dakar, le CSFEF a invité les organisations syndicales affiliées à l’Internationale de l’Éducation à partager leurs analyses et leurs attentes. Malgré la diversité des contextes nationaux, un message commun émerge : les syndicats souhaitent être pleinement associés à l’exploitation des résultats du PASEC et aux réflexions sur les politiques éducatives qui en découleront.
Au Sénégal, les syndicats saluent l’ouverture d’un processus plus inclusif et annoncent leur intention de contribuer à la vulgarisation des résultats auprès des enseignants à travers tout le pays. Ils soulignent l’importance, pour renforcer la qualité des apprentissages, de traduire les constats du PASEC en investissements concrets en faveur des infrastructures scolaires, de la formation et de l’encadrement pédagogique. de l’équité territoriale et de l’amélioration des conditions de travail.
Au Burkina Faso, les organisations syndicales rappellent avoir participé aux travaux préparatoires du PASEC 2024 et souhaitent désormais être associées aux phases de restitution, d’analyse et d’exploitation des résultats. Elles voient dans cette nouvelle édition une occasion de renforcer le dialogue entre autorités éducatives, partenaires sociaux et autres acteurs du système éducatif.
Au Tchad, le Syndicat des Enseignants du Tchad considère le PASEC comme un outil important pour comprendre les difficultés auxquelles le système éducatif est confronté. Il appelle à une restitution nationale inclusive et à un travail commun permettant de transformer les conclusions de l’évaluation en mesures concrètes concernant le financement de l’éducation, la formation des enseignants et l’amélioration des conditions d’apprentissage.
Des enseignements qui nourrissent déjà le plaidoyer syndical
Les contributions reçues montrent également que les organisations syndicales utilisent déjà les résultats des éditions précédentes pour alimenter leurs propositions.
En République démocratique du Congo, les organisations syndicales soulignent que l’analyse du PASEC 2019 a renforcé leurs revendications en faveur d’un meilleur financement de l’éducation, du développement du préscolaire, de la formation continue des enseignants et de l’amélioration des conditions professionnelles du personnel éducatif.
Au Cameroun, l’analyse des données a mis en évidence le rôle déterminant de l’environnement familial, de la fréquentation du préscolaire et de la formation des enseignants dans la réussite scolaire. Les syndicats plaident notamment pour un investissement accru dans l’éducation préscolaire et dans le développement professionnel des enseignantes et enseignants.
Au Bénin également, les résultats du PASEC ont alimenté un plaidoyer en faveur de l’éducation de la petite enfance, considérée comme une étape essentielle pour renforcer les apprentissages fondamentaux dès les premières années de scolarisation.
Faire des résultats du PASEC un bien commun
Pour le CSFEF, l’une des principales leçons des échanges préparatoires est que les résultats du PASEC suscitent un intérêt réel parmi les organisations syndicales, qui souhaitent pouvoir les comprendre, les analyser et les mettre au service de leurs propositions pour l’école publique.
Les demandes exprimées dans plusieurs pays convergent autour de quelques priorités simples : un accès élargi aux rapports et aux données, des restitutions nationales associant les partenaires sociaux, un renforcement des capacités d’analyse des organisations syndicales et un suivi des recommandations formulées à l’issue des évaluations.
À Dakar, le CSFEF porte donc un message clair : les résultats du PASEC 2024 doivent devenir un outil partagé de compréhension et d’action. En associant pleinement les enseignantes, les enseignants et leurs organisations représentatives, ils peuvent contribuer à construire des politiques éducatives plus pertinentes, plus équitables et mieux ancrées dans les réalités vécues quotidiennement dans les écoles.