Partout dans le monde, la qualité des services éducatifs à la petite enfance et les conditions de travail du personnel sont mises à mal.
La pénurie de main-d’œuvre pousse trop souvent les gouvernements à faire des choix à courte vue : réduction des exigences de qualification, formations écourtées et précarisation des emplois.
Résultat : une dégradation de la qualité des services, une baisse de la reconnaissance professionnelle, une pression sur les salaires… et une idée dangereuse qui s’installe : n’importe qui pourrait travailler avec de jeunes enfants.
Face à cette réalité, il est urgent de rappeler une évidence : la petite enfance est un pilier fondamental de l’éducation et du développement des sociétés.
🌍 Un webinaire pour comprendre, échanger et agir
Dans ce contexte préoccupant, le CSFEF a organisé un webinaire international le 14 avril 2026 afin de croiser les regards et renforcer l’action syndicale à l’échelle de la francophonie.
Des intervenantes et intervenants du Bénin, de la France, du Mali et du Québec sont venues partager leurs réalités, leurs luttes et les avancées obtenues sur le terrain.
Ce webinaire a permis notamment de :
- dresser un portrait des enjeux actuels en petite enfance, notamment dans les pays francophone;
- mettre en lumière les défis liés au manque de personnel qualifié et de formation spécialisée et au manque de financement ;
- valoriser les actions syndicales menées pour défendre ce secteur essentiel ;
- identifier des pistes concrètes pour améliorer les conditions d’accueil des enfants et de travail du personnel.
📅 Une participation internationale

Après un mot de bienvenue de Luc Beauregard, secrétaire général du CSFEF, des perspectives syndicales internationales ont été présentées par :
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- Gaetan Kponoukon, Secrétaire général du SYNAEM-BENIN
- Betty Teyssier, Membre du secteur éducatif de la FSU-SNUipp
- Aoua Salika Traore, Membre du SNEC Mali
- Anne-Marie Bellerose, Présidente de la FIPEQ-CSQ.
- Delphine Dorsi, Directrice générale d’Initiative pour le Droit à l’Éducation.
🌍 Des constats unanimes
Au Bénin, Gaetan Kponoukon, secrétaire général du SYNAEM-BENIN, a dressé un portrait préoccupant du secteur préscolaire. Encore largement sous-financée, l’éducation à la petite enfance demeure peu accessible pour une grande partie des familles. Le taux de préscolarisation reste faible dans plusieurs pays de la sous-région ouest-africaine, oscillant souvent entre 15 % et 25 %.
Le manque d’investissements publics, la précarité du personnel et la faible reconnaissance sociale du secteur fragilisent directement la qualité des services éducatifs. Plusieurs éducatrices et éducateurs travaillent dans des conditions difficiles, parfois avec des statuts précaires, alors que le secteur privé occupe une place grandissante dans l’offre de services. Les constats étaient semblables du côté du Mali.
Au Québec, la FIPEQ-CSQ a mis en lumière une autre facette de la crise de la petite enfance : pénurie de personnel qualifié, surcharge de travail, ratios élevés et épuisement professionnel. Plusieurs éducatrices se disent encore « passionnées, mais épuisées », malgré leur engagement envers les enfants. Dans les deux contextes, les interventions ont démontré qu’un meilleur financement public, une valorisation du personnel et une action syndicale forte demeurent essentiels pour garantir des services éducatifs de qualité dès la petite enfance.
En France, Betty Teyssier (FSU-SNUipp) a rappelé l’importance historique de l’école maternelle comme première étape du parcours éducatif et comme levier de réduction des inégalités sociales. Cependant, les personnels font face à des défis grandissants : surcharge de travail, manque de reconnaissance, pressions sur les apprentissages dès le plus jeune âge et inquiétudes concernant certaines réformes touchant la maternelle. La FSU-SNUipp mène différentes actions syndicales pour défendre une école maternelle publique de qualité, la formation du personnel et de meilleures conditions d’exercice pour les équipes éducatives.
Ensemble pour défendre une éducation publique de qualité dès la petite enfance
Face à cette situation, l’action syndicale joue un rôle central. Grâce à leur participation au dialogue social et aux élections professionnelles, les syndicats ont notamment réussi à faire reconnaître certains éducateurs comme agents contractuels de l’État et poursuivent leur travail de plaidoyer pour améliorer les conditions de travail et renforcer la formation du personnel.
Cet échange s’inscrivait dans les priorités du CSFEF visant à renforcer la coopération et les actions syndicales en matière d’éducation de la petite enfance.
En unissant nos voix, nous contribuerons à bâtir une communauté syndicale francophone forte, capable d’influencer les politiques éducatives et de défendre une éducation publique de qualité dès la petite enfance.