• 12 octobre 2018
  • Paris
Table-ronde-PASEC2

Table ronde 5 – Le Programme d’analyse des systèmes éducatifs de la CONFEMEN (PASEC)

Présentation du PASEC 

Par Luc Allaire, secrétaire général du CSFEF

Lors de la dernière rencontre du CSFEF, qui s’est tenue à Madagascar en novembre 2016, il y a eu une présentation du PASEC par le coordonnateur du PASEC, M. Jacques Malpel.

Il a alors présenté les résultats de l’enquête PASEC 2014. 10 pays africains subsahariens et francophones avaient été choisis pour mener une enquête en début et fin de scolarité primaire sur le niveau de compétence des élèves. Ces pays sont : le Bénin, le Burkina Faso, le Burundi, le Cameroun, le Congo, la Côte d’Ivoire, le Niger, le Sénégal, le Tchad et le Togo, auxquels s’est adjoint en 2015 Madagascar.

Les résultats étaient inquiétants : 70 % des élèves étaient en-dessous du seuil suffisant de compétences en français après un an de scolarité. Ils sont 50 % dans ce cas en mathématiques. En fin de cycle primaire, 60 % des élèves continuent d’être en-dessous du seuil de compétence suffisant en français C’est à peu près la même proportion en mathématiques et 27 % d’élèves ne manifestent même aucune compétence mathématique simple en fin de scolarité (opérations de base méconnues, pas de compétences géométriques).

Cependant, les résultats sont très contrastés selon les pays : si le Burundi, le Sénégal et le Congo sont plutôt bien placés en début de primaire, le Tchad, le Niger, Madagascar et le Bénin sont en difficulté. En fin de cycle primaire, seuls le Burundi, le Sénégal et le Burkina ont plus de la moitié de leurs élèves qui atteignent le seuil suffisant de compétences, on retrouve le Tchad, le Niger et Madagascar en grande difficulté (moins de 20%). L’écart de performance entre filles et garçons est relativement faible en début de scolarité, mais il tend à se creuser en fin de cycle : le taux d’achèvement du cycle primaire est défavorable aux filles dans tous les pays, sauf au Burundi, au Congo et au Sénégal.

Les préconisations du rapport sont au nombre de neuf, parmi lesquelles la pré-scolarisation, l’amélioration de l’articulation entre la langue d’enseignement et la langue maternelle, l’aide personnalisée aux élèves en grande difficulté, la revalorisation des rémunérations et de la fonction enseignantes, la stimulation de l’intérêt des filles pour les mathématiques.

Depuis 2016, M. Malpel a quitté ses fonctions et nous accueillons aujourd’hui le nouveau coordonnateur du PASEC, M. Hilaire Hounkpodoté.

Il nous présentera le travail qui est fait en vue de la prochaine enquête du PASEC qui se déroulera en 2019.

Cette enquête standardisée portera sur l’évaluation des compétences de élèves de 2e et 6e année du primaire ET DE LEURS ENSEIGNANTS afin d’identifier les caractéristiques des performances des systèmes éducatifs de 15 pays francophones (il s’est ajouté 5 pays depuis l’enquête de 2014).

Ces pays sont : (Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée, Madagascar, Mali, Niger, République Démocratique du Congo, Sénégal, Tchad et Togo).

Ainsi, pour cette deuxième vague d’évaluation, la CONFEMEN a introduit une innovation portant sur une enquête approfondie auprès des enseignantes et enseignants, un SUJET DÉLICAT, vous en conviendrez avec moi.

Cela a provoqué un débat important au sein du bureau du CSFEF.

Des discussions ont donc eu lieu avec M. Hilaire, ce qui a conduit à une invitation a été faite auprès du CSFEF pour déléguer deux personnes à une réunion au Gabon en février dernier.

Un sondage a été fait auprès des syndicats des 15 pays, touchés par le PASEC. La consultation a été sans ambiguïté afin que le CSFEF participe à cette rencontre à Libreville.

Awa et Augustin ont été mandatés par le CSFEF pour participer à la réunion du PASEC au Gabon.

Lors de cette réunion, Awa et Augustin ont constaté que la CONFEMEN et le coordonnateur du PASEC sont ouverts à la participation du CSFEF à la démarche du PASEC, mais que ce qui n’est pas le cas de tous les ministres de l’éducation des différents pays.

Il a été convenu lors de cette réunion :

  • Que la CONFEMEN adresse une lettre à tous les gouvernements afin que ceux-ci incluent les syndicats dans leur démarche sur le PASEC;
  • Que le CSFEF ferait partie du comité d’éthique du PASEC, en y nommant deux représentants.

Des questions ont été posées sur le questionnaire qui sera administré par le PASEC.

Ensuite, le CSFEF a reçu une lettre de la CONFEMEN, qui décrit le mandat du Comité d’éthique et l’invitation à participer au comité d’éthique en y déléguant deux personnes.

Le CSFEF a accepté de désigner deux représentants au comité d’éthique dont le mandat est d’élaborer une charte qui engagera tous les acteurs impliqués dans le processus de l’enquête à respecter les normes d’éthique liées à l’exploitation des données et résultats de l’enquête sur les enseignantes et enseignants.

L’une des demandes fortes du CSFEF est que l’évaluation des enseignants soit anonyme, afin que les enseignants qui participeront à cette enquête ne soient pas sanctionnés.

De plus, le CSFEF a insisté pour que cette évaluation touche aussi les conditions de travail et les conditions d’exercice du métier d’enseignant :

  • Le nombre d’élèves par classe,
  • est-ce que les élèves sont dans des bonnes conditions pour apprendre ont-ils chacun un pupitre, par exemple?
  • Les outils qui sont fournis aux enseignants.

Sur ce, je donne la parole M. Hilaire Hounkpodoté, coordonnateur du PASEC.

 

 

 

[i] CONFEMEN : Conférence des ministres de l’éducation des pays de la Francophonie.

 


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