• 14 septembre 2016
  • Burkina Faso
ecole-ouagadougou

Non à la marchandisation de l’école burkinabé

Depuis la reconstitution de la Haute-Volta en 1947, l’enseignement privé s’est étoffé, prenant des proportions importantes à l’échelle du territoire. Son organisation ne cesse de préoccuper les autorités politiques et administratives.

Au moment de l’indépendance, le secteur privé scolarisait 41 % du total des élèves. Il s’agissait quasi exclusivement d’écoles catholiques, implantées dès le démarrage par l’activité missionnaire au début du siècle. La première école protestante ne fut créée qu’en 1949, et seulement sept écoles existaient en 1960. Les premières médersas (écoles coranique) furent ouvertes dans les années 1955-57 et l’enseignement privé non confessionnel n’était pas encore présent. La part et la composition du secteur privé dans l’offre scolaire primaire ont par la suite sensiblement évolué.

De nos jours, les écoles privées connaissent un boom très particulier au Burkina Faso. La plupart du temps, leurs fondateurs n’ont aucune notion des principes élémentaire de l’éducation. C’est tout simplement des chercheurs d’argent. Dans les grandes villes comme Bobo Dioulasso et Ouagadougou, les écoles privées sont presque le double des écoles publiques. La situation est la même dans les villes moyennes du pays. Ce que l’on remarque, c’est qu’au lieu de donner un coup de pouce à l’ensemble du système éducatif, celles-ci font régresser le niveau de l’éducation au Burkina Faso.

Voici comment se manifeste la régression du système éducatif du fait de la privatisation de l’école burkinabé :

– Prolifération d’écoles non reconnues

– Salaire des enseignants des écoles privés très très bas

– Frais de scolarité exorbitants

– Des enseignants non qualifiés

– Cadres de travail précaires

– Non-respect des programmes d’enseignement…

Pour tout cela, le Syndicat National des Enseignants Africains du Burkina (SNEA-B) est en phase avec l’appel de la société civile francophone quant aux préoccupations spécifiques liées à la marchandisation et à la privatisation  de et dans l’éducation. Il dénonce tout particulièrement que « certains établissement scolaire privés exercent sans aucun contrôle des autorités du pays sur la qualité de leur enseignement, les conditions de travail et les droits des personnels de l’éducation, la sécurité et l’environnement d’apprentissage, ou les contenus enseignés ».


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