• 12 octobre 2018
  • Paris
Cohen1

Allocution de Jean-Hervé Cohen, président du CSFEF

La XVIe Rencontre du CSFEF se situe dans le cadre des événements du sommet de la francophonie. Il y a une dizaine de jours les OING et ONG se sont retrouvées à Erevan et nous avons pu mesurer l’impulsion nouvelle que l’OIF voulait donner à la conférence des OING. Nous représentons la francophonie de terrain, celle qui construit au quotidien la francophonie des peuples. Le CSFEF y a une place particulière car il est la voix syndicale au sein des OING. Vous ici présents chers camarades luttez au quotidien pour le droit à l’éducation dans votre pays et ce droit suppose un accès à l’école de tous les jeunes, sans distinction, sans discrimination. Mais quelle école voulons-nous ? Comment offrir à tous une éducation de qualité ? Nous pensons que c’est aux Etats de garantir ce droit fondamental à l’éducation et c’est pourquoi, ensemble nous défendons l’école publique, gratuite. C’est pourquoi nous exigeons que les enseignants soient bien formés, payés à la hauteur de leurs qualifications, respectés. C’est pourquoi nous exigeons que professeurs, élèves, personnels d’éducation travaillent dans un environnement sain, adapté, qu’ils bénéficient d’outils pédagogiques performants. C’est loin d’être le cas dans tous les pays de la francophonie où certains d’entre vous font face à des situations d’extrême gravité. Ainsi comment ne pas s’indigner quand dans certains pays, l’insécurité empêche les élèves d’aller à l’école et les professeurs d’exercer leur métier. Comment tolérer ailleurs que des syndicalistes soient arrêtés, menacés, sanctionnés lorsqu’ils revendiquent au nom de leurs collègues. Comment accepter ici ou là que les salaires soient payés avec retard, que les dotations pédagogiques se réduisent à une misère alors que la corruption gangrène les sphères administratives et politiques. Nos deux délégués de RDC Augustin Tumba et Cécile Tshiyombo n’ont pas obtenu leur visa Schengen car leur gouvernement  est en conflit avec la Belgique. Notre camarade Fridolin Mve Messa nous a appelé hier de Libreville au Gabon où les autorités lui ont brutalement confisqué son passeport à cause de ses activités syndicales, alors qu’il était en partance pour la rencontre ;

Les pays de la francophonie ont pourtant adopté en 2000, sous l’égide de l’OIF, la déclaration de Bamako qui, je cite « réitère sa conviction que Francophonie et démocratie sont indissociables, condamne des prises de pouvoir par la force et se donne les moyens de réagir aux violations graves des droits humains dans l’espace francophone ».

Le CSFEF n’hésitera pas à interpeller franchement les Etats qui manquent à leur parole et à leurs devoirs car c’est aussi son rôle. C’est dans le dialogue franc et constructif que se construisent les avancées, pas dans la flagornerie ni le renoncement. Nous espérons également  que la commission de suivi des OING pourra travailler en ce sens et le CSFEF est prêt à s’y investir. C’est ainsi également que le CSFEF a demandé à tous les syndicats francophones d’adresser une déclaration solennelle au gouvernement de leur pays, afin que nos positions syndicales soient prises en compte au sommet de la francophonie. Il est par exemple un point fondamental qui concerne l’attractivité du métier d’enseignant, je le dis solennellement : les Etats prennent un risque énorme sur l’avenir en n’offrant pas aux étudiants et étudiantes de leur pays le gout de se former à l’enseignement, en décourageant les jeunes enseignants par des conditions d’entrée dans le métier dégradées.

Malgré toutes ces difficultés, en dépit d’un climat social perturbé, les enseignants, enseignantes et personnels d’éducation que nous représentons aiment leur métier et continueront à se battre pour l’exercer dignement. C’est dans ce cadre que le CSFEF s’est emparé du thème du vivre ensemble, choisi par l’OIF, pour réfléchir au rôle de l’école dans l’apprentissage de la citoyenneté. Tout au long de cette XVIe Rencontre, nous aborderons ainsi des sujets qui vous importent particulièrement comme par exemple la privatisation et la marchandisation de l’éducation, ce fléau qui ronge le système éducatif, la santé des enseignants, la formation à distance. Forts de vos contributions, nous approfondirons ces sujets, nous les travaillerons également avec l’Internationale de l’Education, dont le CSFEF constitue le réseau francophone et dont nous saluons l’effort accompli pour faire une place à la langue française dans les échanges syndicaux.

Mes chers camarades, cette Rencontre est la votre, nous sommes impatients d’entendre vos interventions, de débattre ensemble, nous savons votre enthousiasme et votre motivation et vraiment c’est de tout cœur que je vous félicite d’être là, de bouleverser vos emplois du temps, de voyager loin de vos familles pour cet échange collectif. L’équipe d’organisation, FSU et UNSA éducation, a travaillé d’arrache pied pour vous recevoir dans de bonnes conditions, pour vous offrir également des moments de détente et de convivialité indispensables aux bonnes relations. L’équipe du CSFEF a tenté de construire un programme qui corresponde à vos préoccupations. Les subventions des partenaires extérieurs au monde syndical, qui ont adhéré à notre projet : OIF, IFEF, MEAE, MRIF du Québec ont été décisives pour la tenue de la Rencontre.

Que tous et toutes en soient remerciés ici.

Longue vie à la francophonie et au syndicalisme francophone.


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