par Roger Ferrari

CAMPAGNE POUR UNE ECOLE PUBLIQUE DE QUALITE POUR TOUS ET POUR TOUTES
En ce 18 novembre 2011 qui commémore la dernière bataille de 10 ans de guerre pour l’indépendance d’Haïti, la plate-forme des organisations syndicales d’enseignants/tes d’Haïti (CNEH,CONEH , FENATEC, GIEL, UNNOH), forte des valeurs spirituelles de la nation, a choisi de rendre hommage aux aïeux, aux aïeules en lançant, aujourd’hui et mains tenant, la campagne pour une école publique de qualité pour tous et pour toutes sous le thème : L’éducation pour bâtir Haïti/ Edikasyon se zouti pou bati Ayiti
La CNEH et ses partenaires – CONEH, FENATEC, GIEL, UNNOH- consciente du rôle social de l’école, lance, en ce jour de la bataille de Vertières, une campagne d’éducation sur trois ans pour atteindre les objectifs suivants :
• Faire du métier de l’enseignement un véritable métier, une vocation. • Lui donner la dignité de toute profession
• Inciter les jeunes à s’engager dans le plus métier du monde
• Contribuer, avec les autres agents de l’éducation, à promouvoir une école publique de qualité pour toutes et pour tous.
Les promesses non tenues
Cette campagne participe d’une campagne mondiale où Haïti semble tenir, dans le scenario, le rôle principal, depuis la solidarité agissante des syndicats de L’IE après le séisme du 12 janvier 2010. Haïti, pour mettre en scène, aux yeux au monde, les promesses non tenues de l’OCDE pour l’EPT. Des 30 milliards promis, 3 milliards de dollars, seulement, ont été transférés pour les objectifs du millénaire. 22. Partout les gouvernements proclament l’éducation pour tous. En Haïti, dans le discours l’éducation est un droit reconnu par la constitution mise en avant pour multiplier les expédients, les saupoudrages au mépris des enfants, des enseignants, des parents. Les 8 milliards de gourdes alloués à l’éducation dans le budget national ne représentent que 3% du PIB au lieu des 6 recommandés. Cela ne représente 8 gourdes par jour et par élève pour 2000 jugées insuffisantes par les syndicats des pays développés.
Yon lekòl pou yo, tou pre yo, nan mitan yo, nan komite yo.
Rien ne sera négligé pour la réussite de cette campagne. Colloques, études sur le financement de l’éducation, enquêtes sur l’état d’avancement du plan opérationnel, focus/groupe, appui institutionnel à la vie associative. Toute la population sera informée sur les dimensions d’une salle de classe 49 mètres carrés, 7x7, soit 2m2 par élève, des terrains de jeux, sur le droit à l’art, à la culture, à la science. Les écoles de proximité seront la règle : yon lekol pou yo, tou pre yo, nan mitan yo, nan komite yo.
La violence, avec laquelle des adolescents et des adolescentes sont déchouqués de leur région/racine pour être enfermés dans des écoles et des villes sans structure d’accueil, cette violence doit cesser.
Une campagne pour assumer nos responsabilités, renforcer la solidarité et nos actions syndicales.
Nous avons des responsabilités envers le peuple haïtien, nous n’avons pas toujours été la lumière de ce peuple déboussolé, qui semble avoir perdu de ce qui lui restait de « bondye bon ». Nous avons des comptes à rendre aux générations présentes et futures. Cessons de répéter nos erreurs, cessons d’essayer l’ignorance, essayons l’éducation dans sa globalité ; scolarisation, alphabétisation, recherches, études et formation des étudiants forment un tout indissociable.
Entrepreneurs sans ambition sociale
Nous avons des responsabilités dans le cadre de la reconstruction. Haïti risque d’être la proie d’entrepreneurs sans ambition sociale, nos organisations veilleront pour des écoles sur 8 hectares de terre, pour des enseignants formés dans des centres scientifiques. Notre système éducatif doit cesser de dépendre de la charité des fondations, des philanthropes.
La campagne pour organiser la solidarité avec les syndicats membres de l’IE. Les syndicats prennent l’engagement d’être les yeux du peuple pour éviter que l’argent collecté au niveau national et international ne soit détourné à des fins mercantiles. Les enseignants et les enseignantes prennent l’engagement de monter la garde.
En ce 18 novembre rappelons les messages de soutien des confrères et des consœurs de la Caraïbe, des Etats Unis, du Canada, de la France. Des messages tout pleins de l’histoire de nos ancêtres. Ils ont toujours été présents pour nous réconforter, nous ressourcer à notre riche patrimoine historique, toujours présents pour nous rappeler l’immense contribution d’Haïti à l’histoire du monde. Ils ont appuyé la proposition pour qu’à partir de 2012 chaque 18 novembre soit la journée mondiale de solidarité en faveur de l’éducation en Haïti.
Cela nous rappelle étrangement les actions du général haïtien JUSTE CHANLATE, bras droit de Dessalines, en voyage pour convaincre les anglais et les américains de soutenir la guerre l’indépendance.
Juste retournement de l’histoire !
C’est dans le sens des valeurs historiques et dans un esprit de solidarité nationale internationale que la journée du 18 novembre a été choisie pour lancer cette campagne de trois ans.
Edikasyon se zouti pou bati Ayiti !
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