Les difficultés de la langue française au Maroc

mardi 15 mai 2012
par  jean kafando
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Syndicat National de l’Enseignement – FDT

Bureau National

Les difficultés de la langue française au Maroc

I- L’école marocaine : une école qui se cherche.

Historiquement, la langue française a été introduite dans l’école au Maroc, non comme une décision souveraine des marocains, mais avec le protectorat en 1912 . Au cours de la période coloniale la langue française a été la langue d’enseignement dans des écoles très réduites qui reçoivent exclusivement les enfants des colons et de l’élite marocaine très proche des autorités coloniale. Cette position a mis la langue française au cœur du débat politique qui a vu le jour depuis les premiers jours de l’indépendance au sujet du devenir de l’école marocaine. La langue française est devenue depuis l’indépendance une langue enseignée dans les écoles marocaines. Elle a subit comme la langue arabe, les aléas de la politique dans le domaine de l’enseignement. La massification de l’enseignement du français s’est affronté à la pénurie des enseignants marocains de la langue française ce qui a poussé le gouvernement d’alors à embaucher des étudiants non qualifiés. En plus, et par souci d’économie, le gouvernement a remplacé les français qualifiés mais trop chers par des enseignants marocains moins qualifiés. L’enseignement du français a subit aussi les conséquences de la politique d’ajustement structurelle suivi par le Maroc depuis 1983. Cette politique s’est traduite par la décision de rendre prédominant l’utilisation de la langue arabe à l’école primaire, et de pousser l’enseignement du français dans le secondaire,

Depuis 1987, le français a le statut de discipline scolaire au même titre que les autres disciplines. Il est dispensé pour quatre heures par semaine environ, dans les trois années de scolarité du lycée (à titre de comparaison, l’anglais a le même volume horaire). Les activités pratiquées sont la lecture des textes, la grammaire et les exercices, l’expression orale et l’expression écrite. Des activités de traduction sont prévues dans les cours de disciplines scientifiques comme les mathématiques, les sciences physiques et les sciences naturelles. Mais généralement les enseignants de ces disciplines préfèrent utiliser l’horaire consacré à la traduction pour terminer les programmes qui sont trop chargés.

Cette situation n’est pas sans conséquence sur les destinataires de cet enseignement. En effet, aujourd’hui, l’élève entre à l’école primaire, étudie toutes les disciplines en arabe, et le français est considéré comme langue étrangère. À l’école secondaire, cette situation continue jusqu’au baccalauréat, avec une légère variante qui est l’introduction de la traduction des termes scientifiques en vue de préparer l’étudiant à affronter l’enseignement supérieur scientifique et technique qui est dispensé uniquement en français. Comme la langue arabe, l’enseignement de la langue française a beaucoup souffert de ces changements improvisés. Parmi les conséquences la chute du niveau de la maitrise de la langue française dans tous les niveaux de l’enseignement marocain public. Pire encore, la majorité des étudiants universitaires marocains trouvent d’énormes difficultés à poursuivre leur parcours universitaire a cause de leur faible maitrise du français.

II-Pour une nouvelle approche de l’enseignement de la langue française

Le constat désastreux de ces différentes pratiques est la chute catastrophique du niveau de la maitrise de la langue française par les étudiants universitaires marocains. Ce constat d’échec n’est pas isolé de l’ensemble du système éducatif marocain qui a connu aussi la même crise. Cela a poussé les responsables marocains à envisager des solutions pour remédier aux carences du système éducatif marocains par l’adoption en l’an 2000 d’une charte nationale pour la réforme du système éducatif marocain. Jusqu’aujourd’hui, la réforme du système n’a pas encore produit les résultats attendus malgré l’amélioration du nombre d’élèves scolarisés. La langue française continue de vivre les mêmes difficultés avec la langue arabe. S’ajoute à cela la monté en puissance des prédicateurs de la langue anglaise comme langue d’avenir.

en langue française présentées par les étudiants qui arrivent à l’université, carences qui peuvent être déterminante dans la réussite ou l’échec du processus universitaire de l’étudiant, si elles ne sont pas traitées de manière convenable, sont exclusivement dispensées en langue française et même pour les études en sciences humaines, dispensées en arabe, la maitrise du français est nécessaire. Niveau de l’enseignement de la langue française est en rapport avec le niveau général de l’enseignement de toutes les matières qui est en baisse. Cela est dû au changement historique du statut de la langue française, d’une langue d’enseignement à une langue enseignée. Vu l’impact du protectorat, le français était une langue courante, répandue dans la société. Par la suite, il y a eu un changement au niveau des politiques. La généralisation de l’arabisation au niveau de l’enseignement de toutes les matières, ainsi que la composition rurale dans l’enseignement compte parmi les facteurs qui ont causé une faible présence de la langue française dans le milieu scolaire. N.B : c’est le résumé de notre intervention dans la table ronde

Driss SALEK SNE/FDT - MAROC


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