La langue française au Magreb

mardi 15 mai 2012
par  jean kafando
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La langue française au Maghreb

L’histoire de l’implantation de la langue française au grand Maghreb est étroitement liée à la colonisation, cependant, à quelques exceptions, le français ne sera ni rejeté ni refusé car il a été la langue de l’ancien colonisateur.

L’occupation française du Maghreb a fait hériter aux pays qui ont été sous sa domination la langue de voltaire. Bien que la langue française ait été une langue d’enseignement et d’administration dans les pays du Maghreb sous domination française, cette même langue sera tantôt contestée, tantôt adoptée, voire défendue avec l’événement des indépendances, les élites politiques et intellectuelles si tant est qu’on pouvait les distinguer pendant les périodes de lutte anticoloniale, ne réussirent pas à trouver un consensus ni sur la langue française, ni sur la langue officielle du pays par ailleurs.

Si officiellement les pays du Maghreb ont au début adopté la langue arabe classique, comme langue officielle, la réalité a été tout à fait autre et s’est avérée beaucoup plus complexe. En effet, les réformes politiques et les politiques d’enseignement n’ont jamais été concordants sur la question linguistique. Il est souvent difficile de mener une analyse de la situation linguistique qui engloberait les 4 pays du Maghreb. Les particularités linguistiques sont manifestes quand on passe d’un pays à un autre. L’Algérie et le Maroc ont été amenés à reconnaitre le berbère comme langue officielle du moins pour une partie de la population. La Tunisie et la Mauritanie, vue le nombre réduit de la communauté berbérophone, n’ont pas eu à connaître un tel phénomène. Ces situations linguistiques différentes et variées plaident en faveur du français. En effet, la mobilité des habitants des différents pays, la multiplication des chaines satellitaires destinées à des populations différentes, et l’absence d’une langue arabe partagée par tous, sont des facteurs qui convergent pour faire du français une vraie langue véhiculaire de l’enseignement des matières techniques et scientifiques. Il reste également la langue véhiculaire de plusieurs domaines comme la publicité, l’enseignement, surtout à l’université et de certains secteurs de l’administration.

La réalité linguistique du Maghreb nous rappelle un peu ce qui se passait sous la colonisation quant les différentes communautés se côtoyaient. En effet, il fut un temps où changer de langue selon les besoins relève du savoir – vivre élémentaire.

Ex : La fête d’un mariage se prépare en arabe, celle d’un anniversaire en français.

Cette situation s’applique, à peu près, à tous les pays du Maghreb francophone on peut affirmer qu’elle reste valable dans le contexte maghrébin marqué par le plurilinguisme l’arabe officielle n’étant pas la langue la mieux partagée. L’arabe dialectal n’est pas non plus le même d’un pays à l’autre d’une région à une autre, le berbère non plus, c’est le français qui est appelé à la rescousse quand les maghrébins doivent communiquer entre eux. Le discours officiel non compris.

La situation sociolinguistique du Maghreb est certes complexe, le français fait partie du paysage linguistique puisque pratiqué en parallèle à l’arabe. Cette situation est d’autant plus complexe quand les analyses et surtout les pédagogues insistent plus sur le niveau de maitrise de la langue française, à l’école et à l’université, que sur le nombre de ceux qui la parlent.

S’il est vrai que les jeunes générations, conséquence logique d’une scolarisation massive, maitrisent nettement moins que les générations passées la langue de matière, c’est le nombre de personnes qui parlent cette langue qui compte le plus à notre sens. Dans les pays du Maghreb francophone, malgré les hésitations et la politique de l’innommé, le français continue à être une langue incontournable et essentielle à l’école, et beaucoup plus à l’université. Il y a une sorte de consensus sous – jacent à ce que la langue française ne soit mentionnée dans aucune des constitutions. Quand il est question de langue autre que l’arabe, les textes de loi parlent de langue étrangère, de quelle langue étrangère s’agit-il ? la réponse c’est le français.

Nous pouvons donc dire que dans un paysage plurilingue comme celui du Maghreb, le français est et sera la langue véhiculaire par excellence, dans l’enseignement, l’administration et l’économie. Le Maghreb hiérarchisait plutôt les langues dans l’ordre arabe - français – anglais… Un facteur social doit être signalé dans ce contexte : c’est à dire le phénomène de l’immigration. La part du lion du membre d’immigrés Maghrébins revient à la France, la communauté Maghrébine vivant en France est la plus importante. Cette communauté, dans ses va et vient entre le pays d’origine et le pays d’accueil, recourt plus à la langue française qu’à la langue arabe ou aux dialectes régionaux.

Au Maghreb la francophonie est très forte, l’émigration joue un rôle important il y a en tellement de vagues migratoires que toutes les familles du Maghreb ont des parents en France et souvent même, il ne faut pas l’oublier, des parents de nationalité française. Les retours au pays pour les vacances sont réguliers, tant que les parents sont vivants. D’autres facteurs comme l’économie, les échanges commerciaux, le partenariat sur tous les plans et le tourisme se font d’abord et en premier lien avec la France. Au Maghreb, il y a aussi, une vraie créativité culturelle en français : il se publie autant de livres en français qu’en Arabe. Le Maghreb regroupe 33,4 millions de francophones (64% de tunisiens 57% d’Algériens et 41,5 % de marocains)  2007

 Pour toutes les raisons évoquées et pour d’autres, le français demeure une langue seconde privilégiée dans l’enseignement et de certains secteurs économiques. Elle est aussi une langue véhiculaire à partir du moment où elles s’offre aux usages de différentes régions et de différents pays.


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