Colloque à Martigny (Suisse), le 7 décembre 2009

dimanche 21 février 2010
par Roger Ferrari
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Ouverture par le président du Syndicat des enseignants romands (SER) (Georges Pasquier)

Cher-e-s collègues,

C’est non sans une certaine émotion que j’ouvre ce colloque. C’est une occasion que j’ai longtemps souhaitée, espérée, tant il est vrai que, au-delà des distances, et même des mers et des fuseaux horaires, nous possédons une culture commune, une même sensibilité et un trésor partagé, le français. Le français comme langue d’enseignement et comme instrument de pensée, d’analyse, de compréhension et d’expression des savoirs et des émotions, des enthousiasmes et des désillusions, en bref de tout ce qui fait ce que nous sommes et ce que nous vivons.

Il est difficile d’avoir une idée très précise de l’évolution de l’école, tant les différences sont parfois grandes entre systèmes, entre régions et même entre établissements et tant elles semblent aller parfois dans tous les sens. Une chose est sûre, le métier s’est transformé et le pendule si souvent évoqué qui oscille entre professionnalisation et prolétarisation ne prend pas toujours une direction souhaitée.

Même si l’analyse est complexe, je voudrais mettre en évidence certaines réalités.

De manière très générale, les quinze dernières années ont été marquées par une tendance très forte à une plus grande professionnalisation, tant dans la formation que dans l’exercice de la profession.

En effet, aussi bien « en Europe qu’en Amérique du Nord, on observe l’existence d’un certain nombre de consensus à ce propos :

 redonner davantage de pouvoirs aux établissements locaux et aux acteurs de la base ; promouvoir une éthique professionnelle basée sur le respect des élèves et le souci constant d’accroître leur apprentissage ;

 construire grâce à la recherche une base de connaissances à la fois rigoureuse et efficace susceptible d’être réellement utile aux praticiens ;  abattre les cloisons qui séparent les chercheurs et les enseignants chevronnés et développer des collaborations fructueuses ;

 valoriser l’expertise professionnelle et les pratiques innovantes plutôt que les approches par recettes ou par décrets ;

 introduire dans les établissements scolaires une évaluation de l’enseignement permettant une amélioration des pratiques et des acteurs ;  accroître la responsabilité collective des enseignants et favoriser leur participation à la gestion de l’éducation ;

 intégrer les parents à la vie de l’école et aux processus de décision au sujet des élèves ;

 réduire la bureaucratie qui détourne trop souvent les réformes à son avantage ;

 introduire dans l’enseignement de nouveaux modèles de carrière favorisant une diversification de la tâche ;  valoriser l’enseignement dans l’opinion publique… »

Ces tendances que nos associations d’enseignants ont défendues et continuent à défendre se heurtent à la réalité d’un diagnostic sévère :

• Les enseignants se sentent dévalorisés, exerçant une profession en perte de prestige.

• La bureaucratisation du système scolaire est en expansion.

• L’évaluation prend plus de place et s’alourdit.

• L’autonomie se restreint, les directives et les points de règlements se multiplient. • La formation professionnelle initiale est décriée, la formation continue se cherche.

• La participation à la conduite des établissements reste faible.

• La recherche n’aboutit pas à l’édification d’une base de connaissances.

• Les réformes sont freinées, et celles qui sont souhaitées manquent de moyens.

La structure scolaire (enfermement dans des classes) et l’organisation du travail font que les enseignants ont peu de prise sur ce qui se passe au dehors et ils en viennent à privilégier des solutions de pratique individuelle et d’expériences personnelles.

Penser l’organisation du travail me semble donc indispensable à l’évolution vers une plus grande professionnalisation, et vers une plus grande satisfaction de l’exercice du métier, même si les exigences s’accroissent.


Documents joints

actes du colloque
actes du colloque
partie 1
actes du colloque
actes du colloque
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