• 14 septembre 2016
  • Cameroun
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L’école au Cameroun : sortir de l’illusion

L’école est de plus en plus conçue comme un investissement et tous ceux qui ont les moyens envoient leur progéniture dans des établissements privés qui eux, ont du prestige, dans l’espoir que cela permettra de vite les  insérer dans le marché de l’emploi.

Il n’est pas exagéré de dire que le gouvernement a démissionné de ses responsabilités en ce qui concerne l’école. De fait, l’école publique au Cameroun est l’enfant pauvre. Certes la loi de l’orientation scolaire de 1998 institue la gratuité de l’école primaire, mais on constate que les fonds alloués à ce niveau d’étude ne sont pas du tout suffisants au point où ce sont les parents d’élèves qui sont obligés d’assurer les charges liées à la formation de leurs enfants. Ils sont par exemple obligés de construire des salles de classe, de payer des enseignants baptisés  pour la cause « maîtres des parents ». Naturellement la formation ne peut y être que de moindre facture.

Au secondaire la situation est plus désastreuse, les frais scolaires y sont exigés et presque rien n’est fait pour que l’école soit de bonne qualité et que tout le monde puisse y accéder. Les effectifs y sont pléthoriques, c’est encore les parents, à travers les Associations des Parents d’Elèves et Enseignants (APEE) qui financent en construisant des salles de classe, des laboratoires, des centres de ressources multimédia… et en rémunérant les enseignants vacataires. Pour un résultat peu probant.

La ruée vers le sésame.

Face à une telle situation, la solution consiste à aller vers les établissements privés qui, eux, donnent l’impression de mieux former et d’avoir un label pouvant offrir un emploi. Tous ceux qui ont des moyens financiers préfèrent ainsi y envoyer leurs enfants pour leur assurer une bonne formation. Les gouvernants eux-mêmes n’envoient presque pas leur progéniture dans les établissements publics mais dans ces établissements privés qu’ils n’hésitent pas à financer lourdement. Tenez :

  • Certaines structures y sont construites par des fonds publics : les fonds issus du projet Pays Pauvres Très Endettés (PPTE), initialement réservés à l’investissement public, se retrouvent dans ces structures privées avec la bénédiction de ces gouvernants ;
  • La création de multiples associations autour de ces établissements ayant pour but de les soutenir financièrement notamment les APEE et autres associations des anciens élèves du Collège Vogt, du Collège de la Retraite…

Au-delà du fait que cette pratique relève de la discrimination, de la fuite des responsabilités, l’impression d’une bonne formation que donnent ces établissements privés n’est qu’une illusion car les produits issus de là ont assez souvent une intelligence mécanique et obtuse et sont inaptes à la vie active.

Il faut donc sortir de cette illusion selon laquelle les établissements privés, quelle que soit la formation qu’on peut y donner, constituent la  solution pour relever le niveau des élèves et corriger les dysfonctionnements étatiques, et reprendre en mains la gestion de l’école au lieu de la laisser à la merci de commerçants véreux.

La FECASE adhère et soutient ainsi l’appel de la société civile francophone contre la marchandisation de l’éducation.


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