• 4 février 2016
  • France
CSFEF-19-07-2015005

Le français à l’École en contexte multilingue

Le CSFEF a profité de la venue de délégués francophones au congrès de l’Internationale de l’Éducation, le 19 juillet 2015 à Ottawa, pour organiser, pour la première fois, une journée complète de séminaires et d’ateliers. Les thèmes avaient été choisis à partir des préoccupations des délégués africains au bureau du CSFEF.
Cette journée a ainsi rassemblé des délégués des pays suivants : Arménie, Bénin, Belgique, Bulgarie, Burkina Faso, Cameroun, Canada, Cap-Vert, Colombie-Britannique, Congo, Côte d’Ivoire, Djibouti, France, Gabon, Haïti, Liban, Madagascar, Mali, Maroc, Mauritanie, Niger, Québec, République Centrafricaine., République démocratique du Congo, Rwanda, Sao-Tome, Sénégal, Suisse, Tchad, Togo, Tunisie.

Dans une vidéo réalisée par le SNES (https://www.youtube.com/watch?v=dkCZxqaGSvg), la Directrice de la langue française et de la diversité linguistique à l’OIF a exposé le programme ELAN (École et Langues Nationales en Afrique). Ce programme propose aux États d’Afrique francophone qui le souhaitent, un soutien pour permettre aux élèves d’apprendre à lire et écrire dans leur langue maternelle. Il a en effet été démontré que cette méthode génère moins d’échecs scolaires.

Dans le débat qui a suivi, des considérations historiques, politiques, sociales et culturelles se sont combinées à cette approche pédagogique.

Premier point : la langue française a-t-elle été choisie ? Non, répond la représentante sénégalaise, elle a été imposée ! C’est ainsi qu’en réaction, à Madagascar par exemple, le français a été banni à l’École, en 1975. Après 40 années de « malgachisation », le résultat est catastrophique, en raison de la quasi-absence d’ouvrages en langue malgache. En Mauritanie, les langues nationales ont été introduites à l’École en 1972, mais 20 ans plus tard, cette politique a été soudainement stoppée.

Désaccord également de certains quant à l’assertion selon laquelle le français serait indispensable pour des disciplines scientifiques. Non, affirme la représentante du Sénégal : « Face à un énoncé en mathématiques, s’il y a des blocages, si l’enfant ne comprend pas le français, nous lui expliquons en langue nationale, et il comprend aussitôt ! » Mais avis différent du délégué camerounais, professeur de mathématiques : « Ce qu’il faut aussi comprendre, c’est que dans nos langues nationales, nous avons quelquefois des déficits… »

Dans certains pays, comme le souligne le représentant de la République démocratique du Congo (RDC), le français demeure un ascenseur social, et c’est l’exclusion immédiate pour celui ou celle qui ne le maîtrise pas.

Dans des pays où coexistent de nombreuses langues locales, le français reste un facteur de cohésion du pays. Comme en RDC, avec 800 langues dont 4 langues nationales. Ou en Côte d’Ivoire, où aucune langue locale n’a le statut de langue nationale : « Enseigner les langues locales, ça va nous envoyer en arrière », s’exclame la représentante ivoirienne.


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