• 29 novembre 2016
  • Antananarivo, Madagascar
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Allocution du Secrétaire général, Luc Allaire, à l’ouverture de la 15e Rencontre du CSFEF

Aujourd’hui, pas moins de 30 pays francophones sont représentés : la Belgique le Bénin, le Burkina Faso, le Burundi, le Cameroun, le Canada, le Cap Vert, le Congo, la Côte d’Ivoire, Djibouti, la France (dont des représentants de Mayotte), le Gabon, la Guinée, Madagascar, le Mali, le Maroc, Maurice, la Mauritanie, le Québec, la République Centrafricaine, la République Démocratique du Congo, la Roumanie, le Rwanda, le Sénégal, la Suisse, le Tchad, le Togo et la Tunisie.

C’est donc un très grand honneur pour moi de vous adresser la parole en tant que secrétaire général du Comité syndical francophone de l’éducation et de la formation.

Notre Rencontre se tient à quelques jours du Sommet de la Francophonie qui réunira les chefs d’État et de gouvernement de tous les pays francophones. Au printemps dernier, nous avons consulté les organisations membres du CSFEF pour préparer une Déclaration que nous avons acheminée à l’Organisation internationale de la Francophonie ainsi qu’à de nombreux ministres de l’Éducation et ministres des Affaires étrangères afin de leur rappeler l’importance de l’éducation publique, gratuite et de qualité pour toutes et tous.

Nous l’avons envoyée au printemps pour qu’ils puissent intégrer nos demandes et propositions dans la Déclaration des chefs d’État et de gouvernement qui sera rendue publique à la fin du Sommet.

Nous leur demandons aussi que leurs paroles se traduisent en actions concrètes.

Cela n’a pas toujours été le cas, les Objectifs du Millénaire en sont un exemple. En 2000, tous les pays réunis aux Nations Unies s’étaient entendus pour fixer des cibles ambitieuses en matière d’éducation. D’ici 2015, avaient-ils déclaré, tous les enfants du monde devront aller à l’école et terminer leur scolarité primaire.

Force est de constater que cette cible n’a pas été atteinte. Actuellement, 57 millions d’enfants – majoritairement des filles – n’ont toujours pas accès à la scolarité, malgré les progrès accomplis entre 2000 et 2015.

Plus de la moitié des enfants qui ne sont pas inscrits à l’école vivent en Afrique subsaharienne dont une forte proportion dans les pays francophones.

En septembre 2015, les chefs d’État et de gouvernement se sont à nouveau réunis à l’ONU. Ils ont alors adopté les Objectifs de développement durable pour éradiquer la pauvreté, protéger la planète et garantir la prospérité pour tous dans tous les pays signataires. Parmi ces 17, l’objectif 4 concerne particulièrement l’éducation. Il vise à « assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie ».

Cet objectif 4 est très ambitieux. Ainsi, il prévoit que « toutes les filles et tous les garçons suivent un cycle complet d’enseignement primaire et secondaire gratuit et de qualité, qui débouche sur un apprentissage véritablement utile ».

Pour le CSFEF, cet objectif doit être véritablement en tête des préoccupations des chefs d’État et de gouvernement de la Francophonie qui se réuniront dans quelques jours à Antananarivo. En effet, de la réalisation de l’objectif 4, découlera la réussite des autres objectifs, car l’éducation est un socle pour vaincre la pauvreté, accéder à une meilleure santé, etc.

Il est absolument nécessaire que des mesures soient prises dès maintenant pour atteindre ces objectifs essentiels. L’éducation de qualité pour tous ne pourra être atteinte que grâce à un service public d’éducation obligatoire, gratuit et universel. Il s’agit d’un levier incontournable pour mettre un terme aux inégalités scolaires tant dans les pays du Nord que dans les pays du Sud.

De plus, l’éducation de qualité ne pourra être atteinte que si l’on accorde des conditions de travail et des salaires décents aux enseignantes et enseignants. Elle ne pourra être atteinte non plus sans l’apport d’organisations syndicales fortes et reconnues avec lesquelles les gouvernements doivent instaurer un véritable dialogue social.

Des efforts particuliers devront être faits pour assurer une éducation aux enfants apatrides, aux enfants migrants et aux enfants vivant dans des zones de conflit. En effet, on estime que 50 % des enfants en âge de fréquenter l’école primaire qui ne sont pas scolarisés vivent dans des zones touchées par un conflit.

Dans ces pays, les efforts dans le domaine de l’éducation ne seront couronnés de succès que s’ils sont accompagnés par une volonté réelle d’obtenir le retour et le maintien d’une situation de paix. À ce sujet, l’éducation doit être considérée comme un vecteur de paix.

L’objectif d’éducation de qualité pour tous est fortement corrélé à l’avenir de la Francophonie. En effet, l’avenir de la langue française s’écrit ici en Afrique. Au regard des projections démographiques réalisées par l’OIF, les locuteurs francophones seront plus de 750 millions d’ici 2060, dont 85 % vivront en Afrique.

Toutefois, rien ne doit être tenu pour acquis. Nous interpellons donc l’Organisation internationale de la Francophonie pour qu’elle fasse davantage pour la promotion de la langue française.

Au cours de cette rencontre, nous aurons l’occasion de débattre de sujets majeurs touchant l’éducation lors de cinq tables rondes. Les personnes déléguées auront aussi l’occasion de définir ensemble les orientations que nous voulons donner au CSFEF. En effet, notre comité doit constituer une force de proposition pour le développement de l’éducation dans l’espace francophone.

Avant de terminer, au nom du CSFEF, je voudrais remercier un certain nombre d’institutions et de personnes qui ont permis la bonne réalisation de cette Rencontre :

  • Le ministre de l’Éducation nationale de Madagascar
  • La ministre de l’Enseignement supérieur de Madagascar
  • La ministre du Travail, de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique de Madagascar
  • Les syndicats malgaches et en particulier la FEKRIMPAMA

Nous remercions tout particulièrement nos bailleurs de fonds

  • L’Organisation internationale de la Francophonie
  • le Ministère des Affaires Étrangères de France
  • L’Internationale de l’Éducation
  • Le ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec
  • Le SNES-France

Enfin, vous me permettrez d’adresser un message un peu plus personnel au président sortant du CSFEF, Florian Lascroux, qui a accompli un excellent travail au cours des deux dernières années et qui a n’a pas ménagé ses efforts pour que l’organisation de cette Rencontre soit un succès. Et je voudrais vous présenter celui que le Bureau du CSFEF propose comme prochain président , Jean-Hervé Cohen.

Je vous souhaite une bonne 15e Rencontre du CSFEF.

Et maintenant, je vous propose de regarder ensemble  une vidéo qui a été réalisée ici à Madagascar en avril dernier et qui s’intitule : L’éducation à Madagascar – un regard syndical.

Merci, misaotra, tompoko.

 

 


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