• 2 décembre 2016
  • Antananarivo, Madagascar
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Allocution de François Butedi, représentant de l’Union Africaine

C’est pour moi un honneur de prendre la parole à l’occasion de la XVème Rencontre du Comité Syndical Francophone de l’Education et de la Formation (CSFEF) s’articulant au tour du thème : « L’Education et la formation de qualité pour tous : les Conditions décisives d’une croissance partagée et d’un développement responsable dans l’ensemble des pays francophones et en particulier à Madagascar ».

Oui, Personne ne peut ignorer la place importante de l’éducation et le rôle primordial que les enseignants qu’ils soient du pré-primaire au supérieur jouent dans l’éducation et la formation professionnelle.

Malgré cette reconnaissance publique et parfois même transcrite dans les dispositions constitutionnelles des Etats, il y’a encore beaucoup de défis auxquels les élèves, les apprenants, les parents et les enseignants sont confrontés : l’absence de bibliothèque, le manque de matériels didactiques, l’absence des bancs, la marchandisation des études, les longues distances parcourues par les élèves avant d’atteindre l’établissement scolaire, les abus sexuels auxquels sont parfois exposés les apprenants, les enlèvements, la radicalisation, la précarité de l’emploi des enseignants etc.

Dans le cadre de la solidarité du mouvement syndicat enseignant des pays francophones, il s’avère important de réaffirmer l’importance de l’éducation et la formation de qualité pour tous, mais également mettre le point d’honneur sur la culture de la paix, de la redevabilité, la bonne gouvernance, la promotion des droits humains comme ingrédients pour la croissance partagée et le développement responsable.

Mesdames et Messieurs,

La Revue de la Présidence de Madagascar d’octobre 2016 présente les activités réalisées par Son Excellence Hery Rajoanarimampianina, le Président de la République dans le cadre de l’éducation de qualité et inclusive, notamment l’inauguration des bâtiments, les dons de matériels offerts aux enseignants et de kits scolaires aux élèves et l’intégration des 3000 enseignants FRAM dans l’administration publique etc. N’est pas que c’est très encourageant !

En sus, j’étais aussi particulièrement touché par cette phrase : « Ces efforts s’inscrivent dans le renforcement de l’éducation de base et dans le changement des mentalités pour redresser le pays [Madagascar] anéanti par les crises sociopolitiques qui se sont succédées ».

C’est à sa juste valeur qu’il faut une formation intégrale des élèves par des éducateurs modèles véhiculant, par exemple le respect des biens publics, le respect de la dignité et la vie humaine, le respect des institutions etc qui sont des étapes décisives vers l’édification  d’une nation ou d’un pays prospère où les dirigeants seront au service du peuple.

Néanmoins, Il y’a lieu de se poser parfois la question suivante : Que sont devenus des élèves, des apprenants ou des étudiants formés dans nos écoles, nos centres de formation ou nos universités ? Que n’avons-nous pas fait pour qu’ils réussissent ou bâtissent à leur tour la nation que nous désirons avoir ?

Reflètent-ils cette valeur vitale à l’élévation de la culture de paix, au vouloir vivre ensemble et au développement du pays une fois qu’ils sont devenus entrepreneurs, acteurs sociaux ou décideurs politiques ?

Mesdames et Messieurs,

Les Chefs d’Etat et Gouvernements du monde dont ceux des pays francophones ont pris des engagements internationaux et régionaux, à titre d’exemple à la réalisation des Objectifs de Développement Durable des Nations Unies et de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine qui mettent en exergue la valeur de l’éducation et la formation professionnelle et technique de qualité à tous.

Nonobstant les contraintes budgétaires, il est indispensable d’investir dans les ressources humaines (enfant, jeunes garçons et jeunes filles, les hommes et les femmes), dans l’éducation de qualité, la formation professionnelle, l’innovation technologique, la recherche au tant que le pays investit dans la défense sécuritaire de la nation.

Car pour avoir un système éducatif compétitif, on a besoin de la formation des enseignants, la construction d’infrastructures, la fourniture des kits scolaires et l’accompagnement des élèves, surtout en situation de précarités et de vulnérabilités ainsi que l’appui aux parents.

Le syndicat enseignant à un rôle majeur à jouer pour convaincre dans le cadre du dialogue social les décideurs politiques et les autres partenaires sociaux et privés pour que l’accès à une éducation de qualité pour tous devienne une réalité dans les années à venir dans nos respectifs pays et en particulier à Madagascar.

Mesdames et Messieurs,

Mon plaidoyer pour les pays francophones, surtout ceux envoie de développement ou émergents est qu’ils améliorent la qualité et l’accès à l’éducation pour tous afin d’offrir des meilleures opportunités aux enfants et aux jeunes d’étudier sans discrimination de sexe, classe sociale, appartenance politique ou ethnique.

Je suis convaincu de part la qualité et la composition des représentants des syndicaux enseignants dans la présente assise que les perspectives et les propositions du mouvement syndical enseignant qui en sortiront seront le reflet d’un vrai diagnostic de la situation réelle des différents intervenants dans l’éducation (les dirigeants, les enseignants, les parents d’élèves et les autres acteurs non étatiques tels que le secteur privé et les ONGs) afin qu’ils prennent tous ensemble conscience et l’engagement de redorer le noble métier de corps enseignants et de créer les conditions législatives, matérielles et financières capables d’offrir l’éducation et la formation de qualité qui soient et doivent être accessibles et disponibles à tous.

J’exhorte enfin le mouvement syndical enseignant de ne pas baisser le bras dans leurs revendications sociales et idoines qui doivent toujours se faire dans le cadre d’un dialogue social constructif et apaisé.

Pour terminer mon propos, au nom de Madame Hawa Ahmed Youssouf, Représentante Spéciale de la Présidente de la Commission de l’Union Africaine à Madagascar, qui aurai bien voulu être de nôtre mais empêchée et à mon nom personnel, je vous souhaite un plein succès et des bonnes délibérations durant l’atelier sur l’éducation et la formation de qualité pour tous.

Que vive le mouvement syndical enseignant des pays francophones !

Que vive la République de Madagascar !

Misaotro tompoko !    


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