• 2 décembre 2016
  • Antananarivo, Madagascar
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Allocution de Duncan R. Smith, représentant de l’Internationale de l’Education, aux participantes et participants de la XVe Rencontre du CSFEF, Antananarivo, Madagascar, 14 novembre 2016

L’Internationale de l’Education se réjouit d’être présente à Madagascar à vos côtés pour cette XVe Rencontre du Comité Syndical Francophone de l’Education et de la Formation.

Aujourd’hui, la Francophonie à l’IE, ce sont près de deux millions d’enseignants et travailleurs de l’éducation, de la recherche, de la science, de la culture, de la jeunesse et des sports affiliés à notre Internationale au travers de 100 organisations nationales dans 35 pays. Le français se parle dans toutes les régions du monde et reste plus que jamais une de nos trois langues officielles.

Mais quelle que soit la langue, quelle que soit la région, les préoccupations de nos affiliés restent les mêmes. Il reste encore de par le monde 60 millions d’enfants non scolarisés, tandis que plus de 250 millions d’autres ne terminent pas leurs études primaires. Les exclus sont toujours les plus vulnérables : les pauvres, les filles, les enfants souffrant d’un handicap, les enfants des zones rurales, ceux vivant dans les zones de conflit ou d’après-conflit, les réfugiés et les migrants, notamment.

Le thème principal de cette Rencontre, « L’éducation et la formation de qualité pour tous», prolonge dans les mots la grande campagne de mobilisation mondiale lancée par l’IE il y a plus de trois ans, alors que les Nations Unies s’attelaient à définir les nouveaux Objectifs du Développement Durable. S’il a fallu se battre sur chaque virgule pour obtenir l’objectif d’une éducation primaire et secondaire gratuite de qualité pour tous les enfants d’ici l’an 2030, aujourd’hui, sa mise en œuvre bute déjà sur la question des financements… comme pour la réalisation des Objectifs de Dakar, comme pour la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire.

Mais ce qui a changé ces dernières années, c’est l’apparition d’acteurs privés qui voient en l’éducation un marché mondial promettant de nouveaux débouchés commerciaux, chiffrés en dizaines de milliers de milliards de dollars. L’IE, si elle n’est pas contre le marché en tant que tel ou contre l’école privée, combat un mode de pensée, très en vogue en ce moment, selon lequel ce qui est privé est bon et ce qui est public est mauvais et inefficace. Ce que l’IE combat, ce sont ces gouvernements qui, par facilité, voudraient se défaire de leurs responsabilités, de leurs engagements, de leur devoir moral envers leurs propres populations, et de confier leur système éducatif à des multinationales proposant des contenus formatés. Aujourd’hui le Liberia, qui demain ?

On le sait déjà : de nombreux gouvernements n’ont pas attendu l’arrivée de ces multinationales pour introduire dans nos systèmes publics d’éducation certaines de leurs méthodes, mécaniques, déterministes, peu en phase avec le métier d’enseignant tel que nous le connaissons. Nous ne sommes pas des prestataires de services ; nous sommes des professionnels. L’idée que l’on puisse améliorer d’une manière ou d’une autre la qualité de l’éducation en introduisant des tests normalisés, des tableaux de classement entre écoles et des salaires proportionnels aux performances, est absurde, nous le savons, car elle mène à des enseignantes et des enseignants en colère, à des chefs d’établissement frustrés et à beaucoup de paperasserie, sans parler du fait que cette déshumanisation, cette déprofessionnalisation de l’enseignement n’attireront pas des jeunes talentueux vers notre profession et ne contribueront pas non plus à retenir les bons professionnels.

Car, nous le savons bien, être enseignant, c’est s’engager à faire la différence, une différence positive, dans la vie de nos élèves. C’est faire en sorte, au-delà du transfert de connaissances, qu’ils puissent se prendre en charge et contribuer à la société et la faire grandir. C’est leur donner des valeurs, le sens du partage, de grosses notions de démocratie et de droits humains.

Alors, à une époque où les inégalités ne cessent de croitre, parmi les conditions décisives d’une croissance partagée et d’un développement responsable de nos sociétés, oui, nous devons inclure la protection de nos systèmes éducatifs, le renforcement de notre profession et la revalorisation du statut des enseignantes et des enseignants. Cet espoir que nous partageons d’une société plus équitable, passera par des syndicats forts, indépendants, unis, capables de réfléchir, de convaincre et d’agir tant sur les conditions salariales que sur les questions professionnelles.

Je vous souhaite – je nous souhaite – de pouvoir bénéficier, au cours de ces trois jours, d’échanges riches et fructueux, et d’y puiser la force de conviction qui nous permettra, tous ensemble, de créer un monde plus juste.

Je vous remercie.

 

 

 


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