• 26 avril 2016
  • Sénégal
classe3-Burundi

Quelques causes de l’échec et du décrochage scolaires en Afrique francophone

À mon humble avis, cinq causes semblent être déterminantes dans ce fléau que constituent l’échec et le décrochage scolaire en Afrique francophone, et qui contrarient sérieusement les progrès réels de l’éducation dans cette région du monde. Ce sont :

  • L’extrême pauvreté et la pauvreté qui touche 40 à 50 % de la population des pays. Dans un tel contexte, le coût élevé des dépenses d’éducation à la charge des familles constitue à la fois, un frein à la scolarisation et un puissant facteur d’échec et de décrochage scolaires.
  • Les programmes scolaires peu articulés et adaptés aux réalités économiques, sociales et culturelles nationales et locales que les produits de l’École ont vocation à transformer. En effet, il y a souvent une rupture entre, d’un côté, l’acquisition des savoirs d’un côté, et de l’autre côté, des savoir-faire et savoir-être. Ceci a pour conséquences l’inadaptation, l’acculturation (aliénation culturelle) et un chômage élevé des jeunes instruits, des diplômés en particulier. Ceci rend donc l’école peu attractive et affaiblit sa capacité de rétention des enfants et des jeunes issus des couches populaires analphabètes et pauvres.
  • Depuis les politiques d’ajustement structurel des années 1980 et 1990, il y a eu le recrutement d’enseignants à faible niveau académique avec sans ou peu de formation professionnelle. Ces enseignants sont finalement peu motivés à cause de la baisse sensible des traitements salariaux et la dégradation de leur statut professionnel et social. Il en résulte sur le plan pédagogique, un faible niveau d’acquisition des enseignements-apprentissages par le plus grand nombre des élèves, d’où la démotivation des parents et de leurs enfants, les échecs et la déscolarisation…
  • Le financement insuffisant et/ou la gestion peu efficiente et efficace des ressources publiques allouées à l’éducation. Il en résulte des insuffisances de l’offre éducative en termes d’infrastructures, d’équipements et de ressources humaines qualifiées… D’où des conditions poussives d’éducation et de formation. Des conditions d’enseignement-apprentissage qui concourent à favoriser l’échec et parfois le décrochage.
  • La récurrence de longues grèves d’enseignants, l’environnement d’analphabétisme dominant, la mise au travail de milliers d’enfants, de même que les conflits et les guerres défavorisent la rétention de certains jeunes à l’école.

Il découle des causes ainsi identifiées, des possibilités de solution à appliquer courageusement avec esprit de suite et rigueur de la part des pouvoirs publics.

 

Cette contribution a été présentée lors de la Conférence de Libreville au Gabon sur le thème : « Vers la réussite pour tous : résoudre la crise de l’apprentissage dans les pays francophones en luttant efficacement contre l’échec et le décrochage scolaires »

 


Actualités

  • 16 novembre 2017
  • Dakar, Sénégal

Contre la marchandisation de l’éducation

Csfef-Dakar

Allocution du secrétaire général du CSFEF, Luc Allaire, à l’ouverture de la Rencontre de la société civile francophone sur la privatisation et la marchandisation de l’éducation Dakar – 23 octobre 2017 Bonjour, Nous sommes réunis ici à Dakar pour discuter ensemble d’un enjeu majeur, celui de la privatisation et de la marchandisation de l’éducation qui


Consulter les actualités

Dossiers

  • 17 novembre 2017
  • Burkina Faso

La gestion des déchets plastiques : la bonne pratique de l’école Nonghin-Pilote

P1140735

L’une des particularités de l’école publique bilingue Nonghin-Pilote, située à Ouagadougou au Burkina Faso, est qu’elle s’investit dans l’éducation au développement durable à travers la collecte des déchets plastiques. A-t-on besoin de le préciser, les déchets plastiques détériorent les sols et polluent l’atmosphère. La méthode utilisée par cette école consiste à établir un programme de


Consulter les dossiers