• 9 janvier 2018
  • Rabat, Maroc
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Le financement de l’éducation demeure insuffisant

Le CSFEF a participé au séminaire sur le financement de l’éducation organisé par la Conférence des ministres de l’Éducation des États et gouvernements de la Francophonie (CONFEMEN), à Rabat (Maroc) les 5 et 6 décembre 2017.

Les pistes de financement

Lors de cette conférence, le consortium pour la recherche économique et sociale (CRES) a présenté une note cadrage afin de donner des pistes de « financements innovants », basées sur l’examen de la situation dans les différents pays de l’Afrique francophone.

On y constate tout d’abord que rares sont les pays qui consacrent 6% de leur PIB à l’éducation et la part de l’éducation dans le budget national dépasse 20% dans seulement quelques pays (Sénégal, Niger, Cote d’Ivoire, Tunisie), et ce, malgré la recommandation faite par la CONFEMEN aux pays de la Francophonie. Pourtant, la croissance économique est importante et pourrait permettre de dégager des sources de financement.

Le premier levier est celui des recettes fiscales qu’il faudrait accroitre en limitant les réductions ou exonérations d’impôts, en luttant contre la fraude, en dégageant des mécanismes de recettes affectées.

Selon le CRES, d’autres sources de financement peuvent également être explorées, en s’appuyant sur le secteur privé, en faisant appel à des dons de fondations, en taxant les bénéfices tirées des ressources naturelles ou les transactions financières.

Le débat a ainsi pu être lancé, les participants du séminaire étant pour la plupart représentants de gouvernements : 5 ministres présents, des secrétaires généraux ou responsables financiers de l’Education. Oscillant entre discussions techniques (mode de répartitions des crédits, exécution des budgets) ou politiques (rationalisation des ressources, éducation privée), quelques représentants de la société civile, dont le CSFEF, ont pu faire entendre une voix différente.

L’équipe spéciale internationale sur les enseignants de l’UNESCO a rappelé que la qualité des enseignants est fondamentale : cela passe par une bonne formation initiale, des plans de formation continue et des emplois stables. Il y a sans doute des améliorations à apporter dans l’affectation des enseignants et les effectifs selon les zones géographiques.

La voix de la société civile

La Fédération africaine des parents d’élèves a insisté sur l’importance de consulter les partenaires sociaux; syndicats et associations de parents d’élèves et propose même de créer des structures de gouvernances scolaires participatives afin de contractualiser les relations.

La Coalition pour une éducation de qualité pour tous du Sénégal (Cosydep) déplore que les ressources quand elles existent ne soient pas toujours bien utilisées. Il faudrait, selon elle, orienter les ressources vers les jeunes d’origine modeste, soutenir l’éducation non formelle qui s’occupe des jeunes déscolarisés. Les communautés de proximité peuvent identifier plus finement les besoins, les médias pourraient relayer le message de l’importance de l’éducation de qualité, il faudrait systématiser la reddition des comptes, partir de l’expression des besoins des citoyens.

Le CSFEF a pu commenter les propositions de financement et en appuyer certaines, comme le principe de ressources affectées à l’éducation, la surveillance et le contrôle de toute la chaine de financement. Il a insisté sur le rôle central de l’État qui ne doit pas se défausser sur les ménages (frais de scolarité) ou accepter la mainmise de bailleurs privés sur l’organisation pédagogique des écoles. Les États ne doivent pas faire des économies sur la formation et les salaires enseignants sous peine d’aggraver la crise de recrutement qui sévit dans différent pays lorsque l’attractivité de la profession est en berne. Ceci, d’autant que les recherches constatent que les pays à fort développement économique paient proportionnellement moins bien leurs enseignants que les autres pays. Il faut donc convaincre la population et les acteurs économiques de la nécessité d’investir dans l’éducation et, à l’instar des autres partenaires de la société civile, le CSFEF préconise un dialogue constructif entre organisations syndicales et gouvernement afin d’améliorer l’efficacité du système de financement, sa transparence et une utilisation optimale des ressources affectées à l’Education.

Les conclusions ont fait l’objet d’un appel

L’appel de Rabat, qui a été adopté par les ministres et leurs représentants « exhorte ainsi les pays à faible revenu ou revenu intermédiaire à compter davantage sur leurs ressources propres pour atteindre les objectifs de l’ODD4, à renforcer la lutte contre les fraudes et les évasions fiscales, à allouer une plus grande part des dépenses publiques au secteur éducatif (6% du PIB). » 

Il préconise par exemple de « créer au niveau national un Fonds spécial d’investissement pour l’éducation. Ce fonds pourrait être abondé par les reliquats des budgets des ministères chargés de l’éducation non mobilisés, mais aussi par d’autres sources de financement internes et externes » et « d’impliquer davantage les parents d’élèves et les organisations de la société civile dans la gestion des écoles, pour plus d’efficacité dans la mobilisation des ressources et plus de transparence dans leur management.  »

 

 

 

 

 

 


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