• 30 mai 2017
  • Afrique de l'Ouest
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La situation des syndicats de l’éducation en Afrique occidentale francophone

Au cours des prochaines semaines, le site du CSFEF présentera la situation des syndicats de l’éducation dans les pays francophones. Nous débutons par la situation de l’Afrique de l’Ouest que présente la vice-présidente Sud, madame Awa Wade :

La situation du système éducation en Afrique de Ouest Francophone a été caractérisée ces six derniers mois par des grèves d’enseignants, suivies de mouvements d’humeurs d’élèves et d’étudiants avec par endroit des fermetures d’écoles à la suite d’attaques terroristes.

De façon plus détaillée elle se présente comme suit :

Mali

Ici, la rébellion touareg et les groupes terroristes alliés à AQMI avaient pris le contrôle du Nord (Kidal, Gao et Tombouctou). Les enseignantes et enseignants de cette zone réclament des primes de risque depuis plusieurs mois pour cause de la situation sécuritaire, et refusent d’organiser les évaluations sous l’égide du collectif des syndicats de l’enseignement secondaire des régions du Nord .

Pour l’essentiel  trois revendications les avaient mobilisé :

  1. la majoration de la prime de zone compte tenu de s’insécurité au Nord, de 1 000 francs CFA (1,52 euro) à 50 000 francs mensuels (76,22 euros).
  2. L’indemnisation consécutivement à la crise de 2012. Des enseignants ayant perdu leurs biens, ont été traumatisés pendant l’occupation.
  3. La carrière : généralement, les enseignants du Nord n’avancent que difficilement comparativement aux autres.

L’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), premier groupement syndical du pays, auquel est affilié notre allié le SNEC, reconnaît les difficultés des enseignants du Nord, mais se désolidarise de cet appel à la grève, lancé par des syndicats autonomes et privilégie le Dialogue avec les autorités.

Beaucoup d’écoles étaient fermées au Nord mais la situation se stabilise avec la poursuite du processus de paix et l’installation des autorités intérimaires suite au vote par l’Assemblée nationale du projet de loi instituant les autorités intérimaires dans le nord du Mali.

Niger

Au Niger, plusieurs syndicats d’enseignants dont le Syndicat national des agents contractuels et fonctionnaires de l’éducation de base, ont  observé trois jours de grève  sur l’ensemble du pays. Les enseignants exigent, entre autres, le paiement de leurs arriérés de salaires, mais aussi le respect par le gouvernement de ses engagements en matière de recrutement dans la fonction publique.

Aux dernières nouvelles, cette grève a été marquée, le 10 avril 2017, par une marche des élèves et étudiants dans les rues de Niamey soldée par un mort, Bagalé Malah ainsi que la fermeture des campus universitaires de Niamey et Maradi.

La plupart des revendications du personnel enseignant ont fait l’objet de nombreux protocoles d’accord avec les différents gouvernements. Protocoles qui n’ont pas été suivis d’effet.

Le Président de la République et les délégués de l’Union des Scolaires Nigériens(USN) en présence du Premier ministre, ont eu plusieurs réunions mais les élèves et étudiants ont posé des préalables dont ils attendent la satisfaction.

Par ailleurs, au Niger, dans plusieurs régions, des dizaines d’écoles (abritant 33 000 enfants d’éleveurs) seraient fermées à cause de la sécheresse qui oblige des élèves à déserter les classes pour suivre leurs parents à la recherche de zones de pâturage favorables. (Source OCHA.)

Cela s’ajoute à la liste des écoles fermées pour insécurité liée au terrorisme.

Côte d’Ivoire

Le 8 Novembre 2016, la plateforme nationale des syndicats des organisations professionnelles du secteur public et l’Intersyndicale des Fonctionnaires de Côte d’Ivoire (If-CI) ont décrété une grève générale de 72 heures, à compter du 9 Janvier 2017, pour réclamer entre autres le paiement de stock d’arriérés et le retrait du décret portant abattement des pensions de retraite.

Les fonctionnaires ivoiriens en grève réclamaient entre autres « le retrait des dispositions antisociales de l’ordonnance 2012-303 du 4 avril 2012 portant organisation des régimes de pensions ».

Ce décret fait passer l’âge de la retraite de 55 à 60 ans, voire 65 ans pour les grades les plus élevés, les cotisations de 6 à 8,33 % du salaire et les pensions réduites de 30 à 50 %.

République de Guinée

Deux faits majeurs ont attiré notre attention en Guinée : les fraudes au bac et la grève des enseignants.

Les examens du bac de l’année 2015-2016 ont été entachés d’irrégularités avec une fuite organisée des épreuves. Et des enseignants taxés d’avoir organisé des fuites ont été interpelés. Ceci fragilise la valeur des diplômes et empêche les jeunes guinéens de poursuivre des études supérieures dans certains pays de l’OCDE.

S’agissant de la stabilité du système éducatif, la grève de l’Intersyndicale FSPE/SLECG a été déclenchée le 6 février 2017, leurs revendications portaient sur le maintien de la valeur d’indice à 1030 au lieu de 751, la revalorisation du statut de l’éducation ainsi que l’élaboration et l’application de la nouvelle grille salariale conformément aux protocoles d’accord de 2009.

Une manifestation des élèves pour soutenir les professeurs vacataires qui voulaient être intégrés, a été réprimée,  causant 7 morts.

Le mouvement de grève des enseignants, largement suivi dans presque tout le pays, est lié à des revendications d’ordre corporatiste pour exiger notamment la titularisation des vacataires au sein de l’éducation publique et l’effectivité de la hausse de leur indice salarial obtenu sous le régime de feu président Lansana Conté.

Le gouvernement a procédé la fermeture des écoles du pays pendant douze jours, en vue d’endiguer le mouvement.

Burkina Faso

Longtemps épargné par les attaques sous l’ancien régime, le Burkina est entré depuis avril 2015 dans un cycle d’attaques terroristes, principalement dans le nord frontalier du Mali et du Niger. Nous nous rappelons qu’en décembre 2016, Ansarul Islam, dirigé par le Burkinabè Malaam Ibrahim Dicko avait attaqué l’armée à Nassoumbou.

Ces terroristes n’ont pas épargné l’école : des individus non identifiés ont fait irruption dans plusieurs écoles de la province du Soum (frontalière avec le Mali), sommant les enseignants de ne plus dispenser le français, et d’enseigner uniquement l’arabe et le Coran.  Par la suite un directeur d’école a été abattu à Kourfayel, toujours dans le Soum.

Plus d’un millier de personnes auraient marché en silence à Ouagadougou en soutien à des enseignants de la région du nord menacés par les terroristes et en hommage au directeur d’école tué.

Malgré les assurances du ministre de l’Éducation nationale qui avait assuré que les enseignants et les écoles seraient sécurisés, rien n’est fait et les organisations syndicales exigent la sécurisation effective des établissements publics et privés.

Sénégal

 Le contexte reste marqué au Sénégal par une situation politique mouvementée en vue des élections législatives de juillet 2017 avec l’incarcération du maire de Dakar pour un prétendu détournement de deniers publics.

Dans l’enseignement supérieur, le gouvernement poursuit son désengagement avec la pratique de sous-traitance avec les universités privées : beaucoup d’étudiants sont orientés vers le privé.

Depuis plus de trois décennies, le Sénégal n’a pas connu d’années scolaires sans perturbation contrairement à l’année scolaire 2016-2017 qui a connu une accalmie consécutive à un accord entre les syndicats et le gouvernement.

Malgré cela, le gouvernement accuse du retard par rapport à la matérialisation des accords, ce qui a amené certains syndicats à déposer des préavis de grève.

 


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